Un blog en 6 pièces

Vacances privées / vacances publiques

In Le salon, Vlameth Brevada on 20 juillet 2011 at 18:10

par Vlameth Brevada

L’organisation d’un voyage porte les symptômes du grand écart entre privé et public. En termes touristiques, cette distinction binaire ne serait donc pas qu’une mythologie. Précision: sous ce résumé chiant se cache un article tout à fait sympathique.

Public/privé : l’énumération des clichés sur ces deux philosophies de vie mériterait plus qu’une discussion de salon. Disons donc rapidement que selon certaines idées reçues, le monde public serait insouciant et irresponsable, et le privé hyperactif et tourné vers le résultat avant tout. Sauf que parfois, on a le sentiment que tout ça n’est pas qu’une légende. Illustration immédiate : ce matin, pour préparer un futur voyage en Thaïlande (yep, en Thaïlande), je me rends d’abord dans une agence spécialiste de la Thaïlande (normal), puis à l’Office de Tourisme. Objectif de la journée : choper des brochures, des cartes, des belles photos, et puis me renseigner sur ce que je vais bien pouvoir foutre au «pays du sourire» et des putes à pomme d’Adam.

Agence, donc. J’entre dans une cour, me retrouve devant un interphone, sans indication. Ca donne vachement envie de rentrer. Mais un samaritain m’ouvre la porte, certainement pris de pitié devant ma tronche de futur touriste déjà paumé. « – Bonjour, je voudrais des renseignements sur un voyage en Thaïlande pour le mois d’août svp ? -Ah, alors toutes les équipes sont actuellement en réunion, mais je vais vous chercher quelqu’un. » 4 minutes plus tard, patiemment passées à étudier une carte de l’Australie (vous le saviez, vous, que Perth et Brisbane sont séparés par plus de 5 000 km?), voici Célia. « Bonjour, dit-elle en me serrant la main, je suis Celia. Je suis la spécialiste de l’Asie. » Ca tombe plutôt bien. « Vous voulez donc partir en Thaïlande ? »Là-dessus, je lui explique que je veux juste savoir quelles sont les destinations les plus intéressantes, les possibilités de transport sur place, etc… D’ailleurs, peut-être peut-on tout organiser là-bas directement ? « Alors déjà, vous vous y prenez su-per-tard. Là pour août, tout est quasiment complet, il faut le savoir. Bon, je vais essayer de vous organiser quelque chose, mais ça va être su-per-cher.» Clairement, je sens que je dérange. La réunion dont je l’ai sortie devait porter sur les primes de fin d’année ou l’augmentation des tickets-resto. Bref, la discussion continue, et qu’est-ce que vous voulez faire là-bas d’ailleurs, et vous avez même pas pris vos billets d’avion, et vraiment ça va être compliqué. 5 minutes plus tard, je ressors de là un peu agacé par le pessimisme de la meuf censée m’aider à préparer mes vacances, avec toutefois une promesse de devis dans la semaine, une carte de visite et un vif encouragement à finaliser le dossier rapidement, parce qu’après, il sera trop tard. Bon.

Acte 2, direction l’OT Thaïlande sur les Champs. Je vous passe la ribambelle de touristes, en qui je me reconnaitrai quelques semaines plus tard. Je vous épargne aussi les employés de Sephora qui applaudissent tous les clients qui rentrent dans le magasin. En plus de te faire schlinguer au bout de 3 minutes passées dans leur boutique, maintenant ils te foutent la honte devant tout le monde. Bref, j’arrive donc au 90 de l’avenue. Un immeuble des plus basiques, avec une petite pancarte dans le hall indiquant l’OT au 6ème étage. «Putain mais c’est pas vrai, ils se cachent tous ! Il y a la gestapo en Thaïlande ou quoi?» 6ème étage, personne, seule une flèche indique les différents bureaux. OT Egypte, cours de langue, ah ! OT Thaïlande, au fond du couloir. « Veuillez sonner svp ». Non mais c’est pas ouvert au public, c’est pas possible. Ah, on m’ouvre. Et là, le rêve du touriste indécis s’ouvre à moi: de la brochure, du dépliant, de la carte murale. La meuf de l’accueil m’oriente vers les différentes destinations, sans essayer de me vendre quelques chose. « Non, pas besoinde réserver avant. En Thaïlande, vous trouverez facilement des hôtels sur place. » Ah ? « Oui, oui, et pour les transports, pareil, le mieux c’est de prendre la documentation ici, mais vous pourrez vous organiser sur place. » Et vas-y qu’elle répond à toutes mes questions « Mais, euh, si je veux voir des éléphants ? Et les trains là-bas, c’est ambiance hardcore ou y’a la clim et tout ? » Sympa, la meuf, elle me prend pas du tout pour un abruti. Et je la quitte avec plein de papelards, plein de trucs à lire. Même les horaires de train depuis Bangkok. Et voilà, je vais pouvoir le préparer ce voyage, c’est pas compliqué. Bon évidemment, c’est pas elle qui va me réserver mon hôtel, mais bon…

Conclusion : l’agence privée me propose un package ultra-sécurité, tout compris, avec toutes les réservations à l’avance, en me faisant croire que je ne trouverai rien sans eux. Efficacité, sécurité, clientélisme. Et à l’OT, public donc, on m’oriente plus vers un voyage façon « broots », à la cool quoi. Tranquillité, écoute des envies personnelles, mais pas de résultat garanti. Bref, comme je vous le disais, ça résume bien la dichotomie privé/ public. Quant à savoir lequel des 2 systèmes est le plus intéressant pour le tourisme, verdict à Bangkok. Mais une fois là-bas,  je n’aurai certainement plus grand chose à foutre de cette question…

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