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9/11: merci de ne pas applaudir

In Le salon, Vlameth Brevada on 11 septembre 2011 at 12:47

par Vlameth Brevada

Ne commémorons pas le 10ème anniversaire du 11-septembre. Ou alors silencieusement, chacun dans notre coin. L’utilisation de l’évènement à des fins politiques a déjà suffisamment duré.

Plutôt qu’une incitation sincère -et nécessaire- au souvenir des victimes, la commémoration du 11 septembre n’est qu’un agenouillement de plus devant l’ordre mondial dont la catastrophe aura servi à justifier l’avènement. Les Etats-Unis néo-cons sont d’abord devenus les défenseurs du Bien Humain, lançant pour nous défendre de multiples guerres sans fondement au Moyen-Orient. S’en est suivie une diffusion de la Peur dans le monde entier: le 11-septembre, ça peut m’arriver demain. Dans ce climat, les opportunistes n’ont pas hésité à profiter de l’angoisse ambiante pour stigmatiser, à des échelles nationales ou régionales, des populations minoritaires, forcément liées à la catastrophe car musulmanes. En France, cela s’est traduit par le repli identitaire que l’on connaît depuis 2007, mené de main de maître par l’UMP et le gouvernement: rejet de l’étranger-qu-il-faut-nettoyer-au-kärcher, et surtout opposition systématique des groupes les uns contre les autres. Et en cela, on a largement dépassé le match Musulmans vs Reste du monde. Aujourd’hui, au-delà même des cloisonnements religieux ou nationalistes, c’est une opposition des classes sociales qui réapparait à chaque mesure gouvernementale.

« Nous sommes tous américains » titrait le Monde le 12 septembre 2011. Certains l’ont bien compris et appliqué, limitant cependant leur américanisme à une décomplexion affichée vis à vis de l’argent. Récemment, il suffit de lire le plan d’austérité actuellement mis en place pour trouver une nouvelle entreprise d’opposition frontale des français selon leur richesse. La Lutte des classes version XXIè siècle, c’est made in UMP.

Commémorer le 11-septembre, c’est accorder une légitimité à ces utilisations politiques des peurs collectives. C’est minimiser l’atrocité de ce qu’il s’est passé et justifier tous les produits dérivés auxquels nous avons eu droit depuis: de la diabolisation de l’immigration à l’émergence d’une culture assumée de l’argent-roi. Alors non, pas de commémoration pour moi. Et puis de toute façon, j’aime pas  la tronche de Jean-Claude Narcisse.

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