Un blog en 6 pièces

Coeur de Pirate: vive le Québec libre

In Près des enceintes, Vlameth Brevada on 14 janvier 2012 at 14:21

par Vlameth Brevada

Il y a des choses que l’on souhaite garder pour soi, et d’autres, même honteuses, qui méritent d’être révélées, rien que pour susciter l’étonnement autour de soi. Alors au risque de passer – à mon tour – pour une adolescente pré-pubère, je préfère vous l’avouer: ça fait 1 semaine que j’écoute en boucle l’album de Coeur de pirate. Si vous aimez les tatouages, les mélodies à la con et le Québec, vous devriez, comme moi succomber très vite.

C’est dans une démarche d’introspection que je parle ici de ce disque. Comment se fait-il que j’aime ça? Pourquoi est-ce que je fredonne  » Tu dis que I’m the only one, c’est ça, prends-moi pour une conne » dans le métro? C’est en en discutant avec Pietro Della Rocca que m’est venu le premier doute sur la virilité de mes goûts musicaux. Car, pour lui, Coeur de Pirate, avant d’être une chanteuse, reste avant tout la meuf qui a posé à poil à 18 ans, et dont les photos sont encore dispos assez facilement sur ce grand réservoir à nichons qu’est Internet. Cette opinion semble suivre une logique assez implacable, et pourtant, à force d’écouter ses chansons, sa voix nasillarde et sa nonchalance sexy, j’en arrive pour ma part à être gêné de la voir se désaper sur ses photos (parce que bon, bien sûr, je suis quand même allé mater). Voire vexé qu’elle s’expose sans m’en parler avant.

Ce nez, quel nez...

Alors hypothèse 1: je suis amoureux de Béatrice Martin (son vrai nom). Et effectivement, en 1998 déjà, j’avais ressenti à peu près la même chose: j’étais alors in love with Jennifer Lopez (précision: j’avais 14 ans), un amour rendu très angoissant par l’impossibilité de savoir s’il était réciproque. Aujourd’hui, à y repenser, j’ai quand même ma petite idée, mais à l’époque… Ma passion avait pris feu devant Hors d’atteinte, dans lequel elle affichait une émouvante fragilité et des cols roulés moulants non moins émouvants. Sauf que quelques mois plus tard, je découvris avec effroi que Mademoiselle se mettait à chanter et à bouger ses fesses devant tout le monde. Je me sentis soudain trahi, et seul, très seul. Alors aujourd’hui, je me dis que c’est peut-être ce que Coeur de pirate me fait ressentir en posant à oil-pé.

Ceci dit, cette option ne me satisfait que très partiellement, car le contrôle de mes sentiments a quand même un peu évolué depuis mes 14 ans. il est donc temps de mettre derrière moi les amours fantasmées avec des actrices, chanteuses et autres stars du X. Julia Channel, si tu m’entends, tout est donc fini.

Non, plus raisonnablement, je pense plutôt être assez fasciné par la sensibilité de Cœur de Pirate, qu’elle parvient à transmettre à travers des mélodies épurées mais travaillées, et une interprétation vocale minutieuse et touchante. Par ailleurs, je crois que ses photos reflètent assez bien la personnalité de Béatrice Martin: à 18 ans, elle avait besoin d’un peu de thune, et plutôt que d’aller bosser au Mcdo comme tout le monde, boum! elle sort le matos sur Internet. Même pas peur, la meuf. Ca va de pair avec ses tatouages si on y pense bien. Sachez qu’elle en a partout. La dernière fois que j’ai vu une meuf avec autant de tatouages, c’était dans un squat de toxicos. Dans Envoyé Spécial, j’entends. Bref, derrière son petit nez retroussé et sa voix toute douce, Béatrice serait en fait une sacrée punk. Et partant de là, c’est beaucoup plus facile d’écouter ses mélodies sans avoir l’impression que des couettes d’étudiante me poussent sur la tête. Je suis un bonhomme, et j’écoute du punk, point barre. Avec des violons et la voix de ma petite soeur, certes, mais du punk quand même. Et puis ce qui semble être un album plein de textes cul-cul la praline est en fait un règlement de comptes cynique et assez dur envers ses ex, chanté sur un ton je m-en-foutiste qui dégnangnantise l’ensemble. Une punk, je vous dis.

Partout, et en couleur, en plus.

Après, Cœur de Pirate a aussi un atout qui ne pouvait que me la rendre sympathique: un accent canadien tout en finesse que je trouve, depuis Anne-Krystel de Secret Story, assez attirant. Attention, cela ne m’empêche pas de continuer à m’autoriser les vannes sur les gros canadiens et leur accent tout pourri. Et puis bien sûr, cette voix, cette voix…

Tout ça pour dire que le nouvel album de Coeur de Pirate mérite vraiment le détour. C’est rare que le gnan-gnan soit touchant et intelligent. C’est pas forcément évident au début, mais elle exprime, je crois, une certaine liberté, dans le texte comme dans le ton. Reste plus qu’à lui trouver un pseudo valable, parce que « Coeur de Pirate », il faudra lui dire que ça sonne un peu comme un nom de fromage.

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  1. Pour le pseudo, je propose « Boobs de Pirate ».
    C’est plus vendeur, et ça colle assez aux qualités du personnage.

  2. […] le pauvre Vlameth est forcé de fantasmer sur la correspondante québécoise d’Elodie Frege, Coeur de Pirate. La Grande Sophie (qui a redoublé 5 fois pour filer la métaphore) est pour moi le summum de la […]

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