Un blog en 6 pièces

Archive for the ‘Le home cinema’ Category

Le Grand Webze: la télé commande.

In Le home cinema, Vlameth Brevada on 27 mars 2012 at 23:55

par Vlameth Brevada

Le web à la télé a-t-il un sens? La première version du Grand Webze du génial François Rollin semblait avoir prouvé que oui. 4 épisodes et un arrêt définitif plus tard, on se demande pourtant comment la meilleure émission de l’année s’est transformée en un show télé classique en à peine 4 mois et autant de versions différentes. Une énigme dont seul le PAF a le secret.  Eléments d’explication en une subtile comparaison du premier et du dernier épisode.

Emission 1: l’extra-terrestre

A la vue de cette première version, je soupçonne la plupart d’entre vous d’avoir commencé à raler dès les premières minutes: « Rhaaaaaaah, mais qu’est-ce que c’est que cette histoire??? Il est où le plateau?? Elle est où la pute aux gros seins du premier rang?? Il est où Stéphane Rotenberg?? Rendez-moi ma télé, merde!! »

Or ici, vous êtes dans l’antre de VinVin et François Rollin: il règne un air d’authenticité dans cette émission. Comme si les blancs qui ponctuent les conversations quotidiennes se retrouvaient à l’écran, comme si les vannes ratées existaient vraiment. Comme dans un spectacle de Rollin, où l’on n’entend pas de vannes à proprement parler, mais seulement des intentions, des démarches, des exclamations qui rendent sa prose jouissive et addictive. Dans cette émission, personne ne sait vraiment à quoi s’attendre. On n’est pas certains que les invités vont être intéressants, ou drôles. D’ailleurs, quand on les voit débarquer, on est même plutôt sûr du contraire. Mais c’est naturel de ne pas être naturellement passionnant, et c’est normal – et stimulant- d’aller chercher un intérêt chez qui n’en présente à priori aucun.

Le grand Webze présente les gens du web (car c’est ça le principe, quand même) comme des personnes normales et banales, sans l’embellissement télévisuel habituel. Et bah oui, la télé, c’est pas du cinéma, et ce n’est pas de l’art. C’est de la télé. Et pan.

Cette démarche s’applique parfaitement au web. Sous un blog, sous un concept numérique, sous un compte Facebook, il y a un coeur qui bat, messieurs, dames. Et souvent quelqu’un d’assez inintéressant, aussi. LGW nous propose de voir ces gens sous leur visage le plus simple, et nous démontre que le web est avant tout le fruit de l’esprit humain. Ensuite, le côté « fait maison » est une sorte d’allégorie du mode de pensée DIY , fruit de l’émergence de développeurs surdoués, capables de créer des sites très complexes avec leurs petits doigts. Et bah ouais, le web est avant tout un espace artisanal, comme cette émission.

Ceci dit, il n’est quasiment pas question d’internet dans l’émission: ce n’est qu’un prétexte pour aller d’invité en invité, tous liés de prsè ou de loin à Internet, mais n’en parlant pas vraiment. Prétexte aussi pour renouveller la forme des émissions télé, et donc y mettre un peu d’artisanat et d’authenticité. On n’assiste donc pas à l’habituel et attendu de catalogue de bloggueurs, donc, ni d’énumération de buzz de la semaine. Tant mieux.

Enfin bon, en fait, l’émission est géniale, c’est tout.

Bon, seul truc un peu agaçant: la meuf chiante qui lit les tweets des internautes, et qui se croit au top parce qu’elle est sur Twitter. Elle vérifie parfaitement le théorème énoncé quelques lignes plus haut: tu peux être überhype sur Twitter, et complètement relou dans la vie.

Emission 4: la télé revient à la raison

Alors, je sais, la qualité est pourrie et en plus, c’est le moment de l’interview, donc pas vraiment de quoi juger l’émission. Mais c’est tout ce que j’ai trouvé. En gros, si tu n’as pas vu cette émission #4, tu peux t’abstenir de lire la suite. Désolé.

Pour commencer, plus de couloirs interminables, plus d’écho, plus de micros mal réglés, mais une désagréable envie de vomir à la vue du plateau, à mi-chemin entre ceux de + Clair et de Ce soir (ou jamais) »: des espèces de cubes lumineux déjà vus sur à peu près 12 000 plateaux télés ces dernières années. Ouf, pas de Anne-Sophie Lapix en vue, c’est toujours ça de pris. Mais ça sent quand même pas la déferlante de fraîcheur, tout ça.

Et pourtant, les premières minutes redonnent espoir en un retour de l’émission extra-terrestre et improvisée que l’on attendait: « Nous n’allons pas rappeler à nos amis téléspectateurs le principe de l’émission, puisque nous-mêmes ne le connaissons pas. » Il est vraiment fort ce François Rollin. Mais quelques minutes plus tard, après avoir montré un extrait d’une animation trouvée sur jesuisbiencontent.fr -très drôle au demeurant- erreur fatale: le duo donne la notice de son émission: « une visite au pays du web ». Ce qu’on craignait est donc arrivé: on a droit à un catalogue de bloggueurs, de social networkers, de vidéos trouvées sur le web, comme une sorte de grand zapping 2.0. On dirait la rubrique de Michalak dans « C à vous », mais qui durerait 2 heures. Une certaine idée de l’enfer, quoi. Le grand webze, ce serait donc une émission qui parle du web, et pendant laquelle on peut réagir en direct sur Twitter (grâce à la même meuf, toujours aussi chiante). Avec en prime un mode d’emploi des hashtags qui dure 10 minutes. Cette fois, on jurerait entendre la voix-off de Top Chef, celle qui t’explique pendant un quart d’heure ce que tout le monde a compris depuis longtemps:

Lignac: « – Alors là, il va falloir réaliser un dessert, mais sans utiliser de sucre. »
Rotenberg: – « – Voilà, donc vous l’avez compris, vous devez réaliser un dessert, mais sans-u-ti-li-ser de sucre. »
Un candidat: « – C’est vrai que quand ils nous ont annoncé qu’on devait réaliser un dessert sans utiliser de sucre, bon bah… »
Et cette putain de voix-off: « – Les candidats ont donc 1 heure pour réaliser un dessert. Mais attention, ils ne doivent pas utiliser de sucre. »

Si le Grand Webze pouvait nous éviter cet abrutissement devenu étrangement ordinaire… Et puis le coup des hashtags, je peux le faire aussi devant Touche pas à mon poste (le fameux #TPMP) ou même devant n’importe quel film (« Ce soir, je retombe en adolescence. #Retourverslefutur #NRJ12 »).

Déception, donc. Le Grand Webze a subi le lifting « télévision à l’ancienne » habituel: on fout des animateurs sympas, des séquences « humour », 2 mecs en promo, et ça devrait marcher. Comme d’hab’ quoi. On se laisse porter par cette émission comme les autres (et quand même un peu mieux que les autres d’ailleurs). Car comme toutes les autres, cette émission ne tient le rythme que grâce à la classe de ses animateurs, François Rollin en tête, et au choix judicieux de ses invités en promo, les mecs du Palmashow. Et c’est vrai qu’on suit plutôt bien l’émission, avec -je me répète- le plaisir permanent d’entendre François Rollin parler de tout, de n’importe quoi, de rien, peu importe finalement. Mais en termes de concept d’émission original, et pour ceux qui voulaient de la nouveauté, #cestraté.

Au final, au lieu de se réinventer en fonction des autres medias, comme ce que proposait la 1ère version de l’émission, la télé absorbe le web et le recrache tel quel, sans traitement, sans idées.

#dommage.

En espérant revoir cette équipe très bientôt. Et bravo à eux d’avoir osé.

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Les énigmes de youtube / n°1

In Le home cinema, Roi des ânes on 2 mars 2012 at 17:24

Par Roi des ânes

Planète Terre, année 2120. Les survivants de la 3e Guerre Mondiale découvrent les disques durs de Youtube, uniques témoins de la vie humaine au début du 21e siècle. Grâce aux millions de vidéos ressuscitées, ils tentent de décoder cet âge d’or culturel de l’humanité. Avec quelques énigmes…

Énigme 1 – chamanisme

Pourquoi ont-ils tourné un deuxième clip  de “Release me” d’Agnès ?

Piste: petite excitation bizarre à 00:03:49 ?

Énigme 2 – comportementalisme

Pourquoi Avril Lavigne met-elle gentiment sa ceinture de sécurité, alors qu’elle vient de piquer un taxi et qu’elle “just want to mess around”? (00:00:55)

Énigme 3 – vitesse

Combien y’a t’il de chanteuses dans le girls band coréen SNSD?

Top score: 14 secondes

Énigme 4 – Langue

Pourquoi ont-ils doublé des novelas brésiliennes en français ?

Énigme 5 – géopolitique

Quels sont la nationalité, le contexte politique et les références cinématographiques de cette vidéo ?

Les mecs vont galérer.

The Artist, the Arnaque

In Le home cinema, Roi des ânes on 10 février 2012 at 13:01

Par Roi des ânes

Donne la papatte à Harvey Weinstein!

Ah vraiment, je n’aime pas faire ça… Balancer sur un film au moment où il va être couronné de statuettes, où il est encensé par une critique unanime, c’est mesquin. C’est le fait des jaloux. Surtout quand il réunit le duo Hazanavicius – Dujardin à qui l’on doit les deux OSS117 qui sont des petits chefs-d’oeuvre du genre. Je voudrais tant crier cocorico avec les autres, mais dans mon for intérieur, un démon m’habite, alors je serai celui qui parmi les courtisans ose dire “le roi est nu”: The Artist est – passablement – une arnaque.

Sans diminuer le talent indéniable de Jean Dujardin qui a eu la chance inouïe (le petit coup de pouce du divin diront certains) de mourir dans la séquence d’ouverture des Petits Mouchoirs de Canet, voici trois éléments centraux qui résument mon malaise avec ce film que j’aurais immédiatement oublié si les académies outre Atlantique n’en avaient fait leur chouchou.

1. De l’hommage au plagiat

C’est l’histoire d’une star du muet que le public et la critique abandonnent à l’arrivée du parlant car ses minauderies lassent. C’est l’histoire d’une jeune figurante du muet qui devient vedette au même moment. Ils s’aiment, elle viendra le sauver et ils partageront ensemble le haut de l’affiche.

The Artist ? Que nenni, Singing in the Rain, film sonore de 1952 où Don Lockwood  est campé par Gene Kelly.  Suis-je le seul qui ait vu les séquences non musicales ?

Je comprends bien que pour financer un film muet, ce cher – mais violent-, “french moghul ” de Thomas Langmann ait du s’appuyer sur un script translucide, universel, référencé. Mais quand on pompe à ce point, il faut citer, ou payer des droits de remake.

2. De l’usage des cartons dans les films muets

Ça, c’est le comble. Ils réunissent des décors somptueux, la musique est très réussie, mais ils ne sont pas foutus de caler correctement un carton.

C’est une évasion le carton de muet, une cassure de rythme poétique qui fait naître des associations sublimes entre les mots et l’image.

Là, ces gogols n’ont mis quasiment que des dialogues. Seulement sur un film en HD de 2011, on lit parfaitement sur les lèvres, et comme Hazanavicius leur fait jouer le même texte pendant les prises, c’est juste redondant, lourd, répétitif. L’élégance du muet leur échappe complétement sur ce point.

3. Du léchage de boules éhonté des US

Ça me fait littéralement mal au cul que l’hommage au cinéma muet réalisé et produit par des Français soit situé à Hollywood. Parce que les walous du muet, les caïds, les King c’est nous, les Européens ! L’âge d’or de Fantomas (Feuillade, 1913), des Trois Mousquetaires (Pouctal, 1912) et  Napoléon selon Gance (Gance, 1927), c’est à Paris que ça se passe ! Et Nosfaratu (Murnau, 1922), Metropolis (Lang, 1927) à Berlin ! Et Pauline Carton, c’est du polysulfaté ?!!  (JP Coffe)

Pauline, l'unique, l'artiste !

Ont-ils oublié  que jusqu’en 1914, le premier exportateur de films mondial, c‘était Charles Pathé et que sans cette foutue Première Guerre mondiale, les Américains ne nous auraient jamais délogés ? Ils ne nous auraient pas non plus piqué Chaplin, Murnau et René Clair ! Bref, avait-on besoin de leur lécher gratuitement les boules une fois de plus ? En tout cas, ils ont apprécié.

Voilà, justice est faîte avec partialité, n’est-ce pas ? La preuve, je n’ai même taclé Bérénice Bejo et pourtant Dieu sait si elle avait sa place dans Les Petits Mouchoirs.

Le 6-coups de la semaine n°11 / Spécial Francis Huster

In Le home cinema, Vlameth Brevada on 9 février 2012 at 00:47

par Vlameth Brevada

Cette semaine, le 6-coups rend hommage. Hommage à l’homme qui justifie à lui tout seul cette rubrique: Francis Huster. Un homme qui ne doute jamais, qui n’a peur ni de la mort, ni du regard des autres. Un homme qui se trouve toujours du bon côté. Si Francis Huster était américain, il ferait du kung-fu et s’appelerait Chuck Norris. Ca valait bien un 6-coups.

1. Francis Huster dans Bronx

Si on vous dit Bronx, vous pensez Robert de Niro, trafics de drogue, et -si vous êtes un peu connaisseurs- vous pensez immanquablement aux Tortues Ninja. Et bien le metteur en scène Steve Suissa a, lui, pensé à Francis Huster. Amusant. Vas-y Francis, fais-nous ton regard dark, t’es trop ghetto!

2. Francis Huster parle de théâtre

Vous croyez que le théâtre est joie, que le spectacle vivant est liberté des corps et des esprits? Vous vous trompez: quand Francis nous parle du bonheur qu’il a connu lors du festival de Carcassonne, on jurerait qu’il est en train de nous annoncer que sa fille de 4 ans vient de mourir de la mucovicidose. L’air grave en toutes circonstances, c’est la marque des plus grands. Hein, Alain Delon?

3. Francis Huster parle de football

Vous croyez que le football, c’est le plaisir d’être ensemble, c’est le dépassement de soi, c’est une allégorie de la vie?  Vous vous trompez encore: en annonçant ses pronostics pour la saison de Ligue 1, Francis semble plutôt prédire une invasion nazie imminente. Remplacez « PSG » par « Hitler » dans ses phrases, vous verrez.

4. Francis Huster simule un fou rire

Ce jour-là, le journaliste d’Europe 1 avait du lire des commentaires désagréables à son égard sur un forum d’auditeurs. Alors quoi de mieux pour se venger que d’infliger à ses auditeurs une leçon de théâtre par Francis Huster? Attention, regarder cette vidéo risque de vous procurer le même effet de gène qu’un cours d’expression scénique de Raphaëlle Ricci.

5. Francis Huster dans Le Maître du Zodiaque

Performance: Francis repousse encore les limites de la comédie, et parvient à atteindre le niveau de nullité de Claire Keim. Même dans cette série toute pourrie, il ne peut s’empêcher d’incarner le héros-justicier que le monde attendait, et de distiller ses leçons de vie à droite à gauche. Pour comprendre ce à quoi ça ressemble, imaginez BHL dans Les Petits Mouchoirs. Voilà.

6. Francis Huster supporte l’Equipe de France

 

Francis est supporter de l’Equipe de France, sa femme, Cristiana Réali est supportrice du Brésil. Et ils sont suffisamment cons pour aller s’afficher au Stade ensemble pendant la finale 98. « Regardez, nous sommes le couple envoyé sur Terre pour instaurer l’harmonie entre les peuples. » Putain, mais si ta meuf encourage le Brésil, tu l’enfermes dans sa chambre ou tu l’envoies chez ses parents, et tu vas mater le match avec tes potes! Comment veux-tu caler des vannes sur les putes et les favellas, sinon?

Le 6-coups précédent, c’est par là

Pour ou Contre: Keira Knightley, prétentieuse pré-pubère ou actrice sensible

In Le home cinema, Roi des ânes, Vlameth Brevada on 4 janvier 2012 at 21:16

par Roi des Ânes et Vlameth Brevada

Il arrive aux locataires de ne pas être d’accord, et de le faire savoir. Le sujet brûlant du moment: Keira Knightley. Si l’inutilité du film A dangerous Method a fait l’unanimité dans l’appart’, la prestation de K.K a en revanche clairement divisé. On vous livre 2 avis bien tranchés sur cette petite pisseuse, ou grande comédienne, à vous de voir.

CONTRE: Keira, prétentieuse pré-pubère par Vlameth Brevada

Comme tous les biopics au cinéma, A Dangerous Method est un film qui passe à côté de son sujet. En revanche, impossible de passer à côté de l’insupportable museau de belette de Keira Knightley. Putain, j’ai cru qu’elle allait me faire quitter la salle avant la fin. Et ça, sachez que ça ne m’est jamais arrivé. Même pour Molière avec Romain Duris, je suis resté jusqu’au bout. Mais là, dès la première scène, Keira joue à la fofolle possédée, déformée par son hystérieet enchaîne une vingtaine de fois la même mimique, celle de pousser en avant son menton déjà suffisamment proéminent. Waaah, elle met en lumière son principal défaut physique, quelle actrice, quel courage, quelle prise de risque… Mais attendez, elle est où la prise de risque? On dirait que n’importe quelle minette qui ferait 3 grimaces mériterait un Oscar. Surtout les merdeuses qui jouent une hystérique complètement barjo, mais tiennent quand même à rester stylée dans leur ensemble XIXème.

En matant cette scène insoutenable de nullité, j’ai eu envie de mourir, certes, mais j’ai surtout eu le souvenir de ce passage de Pirates des Caraïbes 2, sur une plage déserte, où Keira K. feint de s’évanouir pendant que les 3 abrutis se battent 20 mètres plus loin. Vous ne l’aviez peut-être pas deviné, mais à ce moment-là, elle essaie d’être drôle. Oui, oui, c’est une scène comique. Mais quand Keira essaye d’être drôle, ça fait le même effet que quand Muriel Robin essaie d’être sérieuse: ça donne au spectateur l’affreuse envie d’enfoncer sa tête dans son canapé, et d’y rester quelques heures. En d’autres termes, Keira Knightley rend mal à l’aise comme une scène d’engueulade familiale dans « Ca se discute ».

Le pire, c’est que Keira ne se contente pas de faire son spectacle dans les scènes censées être fortes. Car quand elle n’essaie pas de prouver à la terre entière qu’elle peut briser l’image-de-la-fifille-trop-sage-qui-lui-colle-à-la-peau- peau que je soupçonne d’ailleurs sans trop savoir pourquoi d’être moins lisse qu’il n’y paraît et plutôt recouverte de peaux mortes, mais là n’est pas la question- quand elle joue des scènes quelconques, donc, elle ne peut pas s’empêcher de nous servir du minaudage niveau Ludivine Sagnier, la bouche en coeur, l’accent en avant, misant tout sur son physique de brebis anorexique et sa voix de pucelle.

Tu l’aura compris, Keira, je ne t’aime pas trop. Et au-delà de savoir pourquoi tu continues à squatter les écrans et les pages de pub malgré ton inconsistance notoire, je me demande surtout comment Jack Sparrow a bien pu se laisser avoir par tes miaulements d’adolescente en rut. Je ne vois pas ce que l’on peut te trouver, à moins de s’appeler Michel Fourniret. Ou Roi des Ânes

***

POUR: Keira, actrice sensible par Roi des Ânes

C’est marrant, Vlameth, l’unique raison qui m’a poussé à aller voir A dangerous method c’est Keira, car je suis de ceux qui lui vouent un culte depuis le film teenage The Hole (2001) qui l’avait révélée comme la plus énervante des jeunes prodiges anglaises.
Oui, Keira est une actrice froide, dôtée d’une technique stupéfiante, qui joue chaque plan avec un tel engagement que nous ne percevrons jamais rien de qui est cette jeune femme derrière son masque de comédienne. Un peu comme Isabelle Huppert jeune, ce qui ne présage, je l’accorde, rien de bon pour la suite. Elle rejoint à ce niveau, que peu atteignent, son partenaire de Pirates, Johnny Depp, également capable de maîtriser à la perfection chaque élément de son visage.

Ce visage, justement, est bien l’énigme et le charme de Keira, dont la beauté lutte contre des traits osseux et se divise en deux parties: une partie supérieure illuminée par ses grands yeux de biche romantiques qui trahissent une fragilité et quémandent l’empathie du spectateur, et, une partie inférieure arrogante et farouche, dominée par une bouche agressive toujours légèrement ouverte dans un rictus qui provoque, nous met au défi, et un menton prognathe qui affirme qu’elle ne nous cédera rien.

Ce détail n’a en effet pas échappé à David Cronenberg qui a exagéré cette antonymie faciale dans la première partie, peu convaincante , il est vrai, du film. Keira ne reprend sa stature que dans le dernier tiers, où la fébrilité de son grand corps d’oiseau – peu désirable à cause de sa maigreur qui participe malheureusement à sa cinégénie époustouflante- redevient émouvant.

Enfin, c’est son accent londonien extrêmement sec, sur lequel chaque réplique rebondit magnifiquement qui n’en finit pas de me séduire, ces aiguës dans les exclamatives et ce rire cristallin de jeune aristocrate du théâtre qui s’est dévoyée chez Buena Vista…
Comme quoi, Nick Hamm (The Hole, Killing Bono) a su saisir très tôt l’ambivalence profonde de cette créature superbe, qui dans une scène de semi-viol implore les garçons de l’aimer tout en se refusant à eux…

Palmarès 2011: le top cinoche

In Au pied du sapin, Le home cinema on 23 décembre 2011 at 17:48

Fin de l’année, passage obligé par la case palmarès. Les locataires ont beaucoup de choses à dire à tous ceux qui ont rythmé leur année 2011. On commence avec un grand classique: les meilleurs films de l’année. Et aussi, bien entendu, les plus mauvais.

Pietro Della Rocca

1. Incendies, de Denis Villeneuve

A la mort de leur mère, deux enfants découvrent que leur père est toujours en vie et qu’ils ont un frère dont ils ignoraient l’existence. Ils décident alors de mener une enquête sur la vie de cette femme qu’ils connaissent si mal. Bouleversant.

2. Melancholia, de Lars Von Trier

Exercice de style rimbaldien sur le thème de la fin du monde. Poétique, beau, puissant… Et les seins de Kirsten Dunst.

3. Drive, de Nicolas Winding Refn

Après Bronson, le détenu britannique psychopathe, et One-Eye, le viking ultra violent de « Valhalla Rising », Winding Refn s’intéresse à un autre grand malade à la limite de l’autisme magnifiquement campé par Ryan Gosling. Le tout sublimé par une BO chan-mé.

Et le pire : Midnight in Paris, de Woody Allen

Woody nous sort le catalogue de tous les artistes du Paris des années 20 sur un ton péniblement didactique. Oui, Woody nous prend pour des cons. Alors si en plus il nous colle du Marion Cotillard et du Carla Bruni, on va avoir un problème…


Roi des Ânes

1. Bridesmaids, de Paul Feig

C’est le film qu’on va voir avec sa nana à cause du marketing « girly » et où l’on rit trois fois plus qu’elle. Très au-dessus des précédents succès du clan Appatow en qualité d’écriture et en direction d’acteur, avec le charme de Kristen Wiig  qui survole même les séquences trash…

2. Sleeping Beauty, de Julia Leigh

Ce qui n’aurait pu être qu’une exercice formel autour du topos de la jeune fille et la mort, en frôlant le scabreux pendant une bonne première heure, se révèle dans la séquence finale une expérience de cinéma pénétrante et dérangeante, et l’angoisse sourde de la sublime Emily Browning nous contamine totalement.

3. L’Apollonide, Souvenirs de la Maison Close, de Bertrand Bonello

Pur cinéma de créature qui n’a rien envier aux maîtres portugais Monteiro et De Oliveira, Bonello met en lumière les corps des actrices de telle sorte qu’ils tiennent un discours propre, sensuel et caractérisé. L’introduction maîtrisée du fantastique et le féminisme profond du propos cèdent devant la fascination que provoque cet objet filmique où le temps est enfermé dans des cycles féminins qui, peu à peu, s’abrègent.

Et le pire : Sucker-Punch, de Zack Snyder,

Il avait tout pour faire un classique fantasy, il en a fait un long clip cheesy pour teenager gamer vaguement suicidaire.


Slim Kid M

1. L’Exercice de l’Etat, de  Pierre Schoeller

Le tableau de la politique dressé par ce film est édifiant… et au final, hyper flippant. Dit comme ça ce n’est pas hyper sexy mais les acteurs, et le parapheur valent le détour. Et puis, voir un chef de cabinet se faire des oeufs au plat en écoutant un discours de Malraux, c’est savoureux. Sinon, Transformer 3 c’était pas mal…

2. Incendies, de Denis Villeneuve

Attention, ça secoue!! Et en quebecois, ce qui n’enlève rien au plaisir (un peu douloureux, certes, mais plaisir quand même)…

3. La Guerre est Déclarée, de Valérie Donzelli

On est forcément touché par l’histoire, ce qui n’est pas un + dans cet appartement collectif… Mais comme on est perturbé par le jeu d’acteur, à la limite du néant,  c’est cela qu’on retient au final. Et puis l’urgence de ce bordel aussi!

Et le pire : Le Moine, de Dominik Moll

Souvent l’été, on va voir des films sans trop savoir pourquoi ni comment… Pour Le Moine, je sais toujours pas si j’ai été voir un film.


Vlameth Brevada

1. Black Swan, de Darren Aronofsky

S’il y a bien une chose qui me fait chier dans ce bas-monde, ce sont les ballets. Et bah là, Aronofsky m’a donné envie de revoir mon jugement, quelque peu exagéré, il est vrai. Et pour vous dire la vérité, Black Swan m’a même fait m’interroger sur moi-même comme aucun film ne l’avait fait depuis Retour vers le futur 2. Un monument, donc.

2. Pater, d’Alain Cavalier

En se plaçant à la limite du film, du documentaire, et du making-of, Pater nous parle de ces moments où le rôle que l’on se donne dépasse nos intentions et prend le contrôle là-haut, dans notre petit cerveau visqueux, sans quon ne lui ait rien demandé. Un résultat planant et assez étrange. Et puis ma sympathie naturelle envers les gens qui ont des tics me joue peut-être des tours, mais Vincent Lindon a quand même carrément la classe.

3. Tomboy, de Céline Sciamma

L’histoire d’une petite fille qui se fait passer pour un garçon. Dit comme ça, ça a l’air très chiant, mais Tomboy parvient à nous rappeler à quel point chaque détail de notre apparence face aux autres peut prendre une ampleur démesurée lorsqu’on a 10 ans. Ca a toujours l’air chiant? Alors disons que si tu t’es déjà retrouvé pendu par la capuche aux porte-manteaux du préau de l’école, tu vas adorer te remémorer cette belle époque. En plus, voilà enfin un film sur l’identité, sans Matt Damon.

Et le pire: Le complexe du castor, de Jodie Foster

Passer 2h à retenir des fous rires nerveux dès que Mel Gibson parle à sa peluche, c’est long. Et si en plus, pendant tout le film, Jodie Foster passe son temps à nous caler des regards appeurés genre « je suis en face d’Hannibal lecter », alors là, c’est vraiment très, très, très, long. Un film à réserver aux fans de Tatayet, et encore.

Lettre ouverte à Cyril Linette, directeur des programmes Sport sur Canal+

In Le home cinema, Slim Kid M on 28 novembre 2011 at 18:07

par Slim Kid M

Fatigué d’avoir trop crié sur ma télé, mais trop énervé par les commentaires ahurrisants de Christophe Dugarry pour rester silencieux, je me suis dit que j’allais écrire au directeur du service des sports de Canal+, Cyril Linette (rien à voir avec Cyril Lignac… mais peut être bien avec Lynette Scavo). Soutenu et poussé dans ma démarche par pas mal de gus – dont certains habitent ou fréquentent assidûment l’Appartement Collectif – j’ai pris mon plus beau stylo bille et envoyer ma missive à qui de droit. Et comme je n’ai pas l’adresse perso de Linette, je vous la fais partager ci-dessous.

Monsieur Linette,

Je souhaite par la présente vous signifier mon mécontentement et ma consternation face à la lente mais continuelle dégradation des commentaires des matches de foot sur votre antenne de Canal+ ; et avant toute chose, ceux de Christophe Dugarry, dont je vous demande ni plus ni moins de vous séparer,  sous peine de quoi je résilierai mon abonnement à Canal +.

Duga au mic

J’imagine qu’aujourd’hui, nous sommes des milliers à ne plus supporter le ton péremptoire, les leçons de morale et de jeux prodigués par le ‘chef’ Dugarry – qui a sûrement dû oublier quelle tanche il était lorsqu’il évoluait sur les terrains de football (mais que nous n’oublierons pas grâce aux rediffusions bi-annuelles de certains matchs – la finale de l’Euro 2000 en tête – sur la TNT). C’est bien simple : Dugarry tire à vue sur des cibles subjectives ; dresse des vérités générales à partir de ses impressions contredites systématiquement par les chiffres et/ou les ralentis ; défonce les arbitres à longueur de match comme s’il était à l’abri de toute erreur ; et dès la 70e  minute répète inlassablement sa vision des choses (n’hésitant pas à orienter les faits de match dans son sens) et tant pis si une partie dure 90 minutes…

En un mot, Dugarry s’est Jean-Michel Larquisé… et ce, à 39 ans après seulement 5 ans de « consultant-technique’’.

Jusqu’ici, je ne disais rien, ruminant dans mon coin mon exaspération devant la bile de Duga qui n’a d’égale que la vacuité des informations du pauvre Philippe Doucet (c’est vraiment sérieux ces nouveaux ralentis qui suivent des joueurs en surbrillance reliés par un trait ??? WTF, comme disent les jeunes). Mais hier, lors de OM-PSG,  le duo de choc Margotton-Dugarry, sans se forcer, a eu raison de tous mes voisins, horripilés dès le quart d’heure de jeu et dégoutés du football à la 60e (supporters Marseillais et Parisiens mélangés). C’est donc au nom des passionnés de foot du dimanche soir, ceux qui ne demandent qu’à finir leur week-end en paix chez eux ou dans un bar, que je vous supplie de ne plus programmer Christophe Dugarry (champion du monde et d’Europe, meilleur ami de Zidane… oui je sais) lors des matches de Ligue 1. Même s’il n’aime pas ça, qu’il aille commenter la Champion’s, où l’on entend beaucoup moins sa grande gueule.

Par avance, merci.

Slim Kid M, et bien d’autres (je peux donner des noms si vous voulez)

Ps : je ne soulèverai pas ici la question de l’appauvrissement du traitement du foot par Canal et de sa déviance vers le pur entertainment avec notamment la non-émission de foot qu’est le CFC et le comic-show de l’EDD (RIP l’Equipe du Dimanche), mais sachez, Monsieur Linette, que je n’en pense pas moins.

Luc Besson, ou l’éternel recommencement

In Le home cinema, Vlameth Brevada on 23 novembre 2011 at 15:27

par Vlameth Brevada

Le gros barbu est de retour. Pas Carlos, désolé, mais bien Luc Besson, le milliardaire le plus cool de l’univers. Son prochain film est un biopic de Michael Aris et à travers sa rencontre avec Aung San Suu Kyi (tu peux vérifier, l’orthographe est bonne), et je me demandais à quoi ça allait ressembler. Mais en fait, je crois qu’on connait déjà la réponse. Retour sur une carrière monochrome et tentative d’anticipation.

1990: Nikita

Nikita est une jeune fille froide et solitaire. Agent secret malgré elle, elle tue du gros méchant au petit-déjeuner, sans pour autant que ça l’empêche de dormir. Mais un jour, elle rencontre Marco à la caisse du supermarché, et elle se rend compte que l’amour peut sauver sa vie.

1994: Léon

Léon est un homme froid et solitaire. Tueur à gages malgré lui, il tue du gros méchant au petit-déjeuner, sans pour autant que ça l’empêche de boire son verre de lait et de nourrir son bonsaï. Mais un jour, il rencontre Matilda devant sa porte, et il se rend compte que l’amour – ou la pédophilie selon votre interprétation- peut sauver sa vie.

1997: Le Cinquième élément

Korben Dalls est un homme froid et solitaire. Chauffeur de taxi malgré lui, il… bah, il conduit juste des taxis toute la journée. Mais avant, il était dans l’armée, et il tuait (sûrement) du gros méchant au petit-déjeuner. Mais un jour, il rencontre Leeloo (le prénom le pus con de l’histoire du cinéma) sur sa banquette arrière, et se rend compte que l’amour peut sauver sa vie. Notez que l’on passe ici un cap dans la filmo de Lucho, puisque l’amour de Leeloo, au-delà de sauver la vie de Korben, peut aussi sauver l’unvers tout entier, ce qui n’est quand même pas rien.

1999: Jeanne d’Arc

Jeanne est une jeune femme froide et solitaire (et qui ne parle pas français, mais ça, c’est un autre problème). Soldat malgré elle, elle tue du gros méchant anglais au petit-déjeûner, parce qu’un jour, elle a rencontré Dieu himself, et s’est rendu compte que l’amour du grand barbu (toujours pas Carlos ici non plus…) pouvait sauver sa vie, et la France avec, ce qui par rapport à Leeloo, est plutôt une révision des objectifs à la baisse.

J’ai toujours été bon au jeu des suites logiques, c’est pas pour rien qu’il y a un Télé7Jeux qui traîne dans les toilettes de l’appart’. Fort de cette longue expérience, je me suis donc dit que je devais être capable de trouver tout seul le synopsis du nouveau film de Luc. Ca devrait donner à peu près ça:

2011: The Lady

Michael Aris est un homme froid et solitaire. D’une certaine manière, il a sûrement tué quelqu’un à un moment donné, ou en tout cas fait des choses pas très jolies jolies. Mais un jour, il rencontrera Aung San Suu Kyi, et se rendra compte que l’amour peut sauver sa vie.

Forcément, après cet exercice de prospective fort enrichissant, je suis quand même allé lire le synopsis du film: et bah il semblerait que je me sois bien planté, comme un gros naze. Le mec est bouddhiste, il a jamais fait de mal à personne, et il a l’air tout sauf froid. Bon, quand même, il a un peu cru que l’amour pouvait un peu sauver sa vie, sauf qu’il en a passé les 10 dernières années à lutter pour les droits de sa zouz, par amour justement, et a fini par en crever sans jamais la revoir. Alors que Korben Dallas, lui, à la fin, il s’envoie Leeloo.

Complètement planté, donc. Cet article n’a ainsi -et vous l’aviez peut-être déjà subtilement compris- aucun intérêt, aussi je vous remercie de l’avoir lu en entier.

Intouchables, ou comment aimer un film qu’on a envie de détester

In Le home cinema, Vlameth Brevada on 7 novembre 2011 at 14:27

par Vlameth Brevada

Parti pour voir Polisse, les hasards de la vie et des places de vélib’ m’ont finalement amené bien malgré moi devant le duo François Cluzet- Omar Sy. Aussi étrange que cela puisse paraître, j’en suis sorti plutôt agréablement surpris.


Alors déjà, que je vous explique ce qui m’a amené à voir Intouchables. Parce que les comédies sociales à la française, c’est pas trop trop mon truc en général.

10h15- les promesses: Pris la veille dans un débat sulfureux autour de Polisse, alors que j’étais le seul à ne pas l’avoir vu, je souhaite y remédier et ne pas revivre cette expérience douloureuse. J’ai eu beau essayer de détourner la conversation: « – Et sinon, vous avez aimé ses précédents films? – Et le match d’hier, vous l’avez vu, le match d’hier? – Et mes nouvelles chaussures, regardez mes nouvelles chaussures! », mais rien à faire. Ce matin, je me décide donc à aller le voir. Une promenade sur les Boulevards, un film, un McDo, rien de tel pour combler l’inconsistance de ma vie de chômeur. Une matinée pleine de promesses, donc.

10h30- l’angoisse: J’arrive devant le Gaumont Opéra sur mon fidèle destrier et là, une vision d’angoisse parisienne moderne me saisit: aucune place libre pour ranger mon vélib’. Je respire un grand coup, un passant me réanime, et me voilà parti pour la station d’à côté, complètement zen.

10h55- la délivrance: Je trouve ENFIN une place, à quelques dizaines de kilomètres de cinéma. Je vois arriver le type censé vider les stations pleines et remplir les vides pour qu’il y ait des places partout. Un son strident façon Scarface et une envie soudaine de tuer me traversent l’esprit: ni une, ni deux, je lui sors mon regard qui tue.

Il s’en sort bien, la séance va commencer, pas le temps pour ces conneries.

11h05 – la fin d’un rêve: (essouflé, ruisselant de sueur) « – Bonjour… une place… pour Polisse… s’il vous plaît. -Oui. 10,50€, s’il vous plaît. Et le film a commencé depuis 10 minutes. »
Gloups. 10,50€? Question: à votre avis pourquoi je m’emmerde à me lever le matin alors que j’ai toute la journée pour aller au cinoche? Réponse: pour les places du matin à 5€. Fort d’un pouvoir de décision rapide et incisif, je choisis de ne pas me laisser avoir par le grand Capital, surtout maintenant que j’ai raté les 10 premières minutes. « Bon, bah, tant pis, au revoir madame. » Direction UGC.

11h10 – un nouvel espoir:  Chez UGC, Polisse a aussi commencé depuis 15 minutes. « Et Drive? -Depuis 20 minutes, Monsieur. » Bon alors voyons, qu’est-ce qui reste de pas trop pourri… Intouchables? Sûrement pas. Bons sentiments + François Cluzet= remake des Petits Mouchoirs. Aucune envie de retomber dans ce cauchemar consensuel. Bon, quoi d’autre? Voyons… Ah, bah rien. Et bah voilà, je suis comme un con. Bon, il paraît que c’est pas si naze que ça, Intouchables…. Et finalement, c’est peut-être un bon gars, ce Cluzet. Et puis j’ai très très envie d’aller me poser dans les gros fauteuils de l’UGC Opéra. Allez, une place. A 5€, s’il vous plaît.

Voilà, maintenant que je vous ai exposé les aléas de mon existence médiocre, on peut passer au film. Vous aurez compris que j’y allais plutôt à reculons, ne souhaitant surtout pas tomber dans l’unanimité populaire -ce qui est un peu l’histoire de ma vie. Dans les premières minutes, je réprimais donc les rires, et j’accompagnais chaque esquisse de sourire par un regard en coin chargé de méfiance. « – Houlà, qu’est-ce que ça cache, ça? » Ha, ha, cinéma français, tu n’auras pas ma peau aussi facilement avec tes histoires d’handicapé blasé et de grosse-racaille-qui-en-fait-est-un-mec-gentil!

20 minutes plus tard, c’en est déjà fini de ma posture du mec à qui on l’a fait pas: je dois bien avouer que je me suis fait avoir. Ouais, j’ai rigolé. Ouais, j’ai même (presque) chialé. Pourquoi? Franchement, je ne saurais l’expliquer. Le film n’a pas de scénario, en clair, il n’y a pas vraiment d’histoire. Une fois qu’on sait que le grand re-noi travaille pour l’handicapé milliardaire, plus rien ne se passe. On assiste pendant 1h30 à une chronique de leur vie commune, et rien d’autre. Et c’est justement ça qui laisse la place à des rires faciles et des coins de l’oeil qui brillent: ne se cachant pas derrière des justifications factices, le film n’affiche aucune prétention, et laisse les séquences se succéder sans véritable lien entre elles, chacune ayant à elle seule un certain pouvoir comique ou émotionnel. Alors attention, c’est pas non plus de la grosse envie de chialer façon France-Brésil 98, et c’est pas du gros éclat de rire qui tâche. Et puis les ficelles sont quand même un peu grosses: évidemment, un mec qui galère et qui doit s’occuper de ses 8 petits frères dans un appart’ de 30m², ça suscite de la compassion chez tout être normalement constitué. Mais en affichant la couleur dès le début et en se débarassant de toute intention moralisante, le film nous autorise à laisser ces émotions faciles monter gentiment: pas (trop) de dialogues qui dégueulent de mièvrerie ni de musique qui fait chialer non plus.

Omar Sy est drôle, heureusement d’ailleurs parce que tout le film repose sur lui. Il est un peu idéalisé quand même: toujours la bonne réaction quand il faut, toujours la bonne réplique, il incarne un peu le mythe du bon sauvage, et n’hésite pas à faire usage de sa force quand il faut -ce qui suscite d’ailleurs un sentiment étrange de puissance, genre « Vas-y comment il est fort mon pote Omar, tant que je serai dans cette salle de ciné, personne pourra rien faire contre moi! » Mais on accepte tout ça très facilement, allez savoir pourquoi. L’intelligence de la mise en scène réside dans la mise en retrait du personnage de Cluzet, ce qui permet de ne pas nous étouffer de tristesse pour ce mec qui ne peut plus bouger sans qu’on l’y aide. Bon, il y a quand même des trucs qui ne passent pas. Au début du film, Idriss (Omar Sy) tabasse un mec pour qu’il bouge sa bagnole de devant l’entrée de Philippe (François Cluzet), alors qu’à la fin, il use du « Excusez-moi, Monsieur, pourriez-vous vous déplacer s’il vous plaît? » L’homme blanc a civilisé le sauvage, en quelque sorte: ça fait un peu chier. Heureusement, ces quelques erreurs de jugement sont isolées les unes des autres, ne laissant pas l’impression de voir la comédie faussement sociale qu’on nous promettait.

En écrivant ces lignes, je me rends compte que tout ce que je dis devrait me faire détester ce film. Mais j’ai bien aimé, et je ne me l’explique pas. Peut-être sommes-nous dans une période de vide émotionnel, trop occupés que nous sommes par les aspects concrets et pragmatiques de nos vies respectives, et que l’on se contente d’émotions faciles à digérer, consensuelles, qui ne laissent pas de traces. C’est beau, putain.

Allez, j’ai envie de mettre une note… Disons… 13/20. Au risque de me répéter, je résumerai le film en deux mots: sans prétention. C’est ce qui le sauve de la mièvrerie. En sortant de la salle, je vous garantis que vous aurez déjà oublié ce que vous venez de voir, mais au moins vous aurez rigolé et/ou versé un début de larme.

Marshall Eriksen est plus drôle que Barney Stinson

In Le home cinema, Vlameth Brevada on 18 octobre 2011 at 00:54

par Vlameth Brevada

Avec ce titre, je sais que je dérange. Je sais que certains ont déjà éteint leur ordinateur et supprimé ce blog de leurs favoris. Mais j’ai pas peur de le dire: Barney n’est pas le mec le plus drôle du monde. Et tant pis pour les conséquences.

Marshall 1 - Barney 0

Le choix du sujet de cet article peut interpeller, et moi-même, avant ce week-end, je ne m’étais jamais dit « Mais comment je kifferais d’écrire un truc sur ce fat fuck de Marshall Eriksen! » Mais voilà, samedi soir, en affichant ma préférence -non sexuelle-  pour le gros Marshall juste avant qu’on ne nous serve les entrées, j’ai senti que je venais de lâcher une bombe, et que les rouleaux de printemps qu’on nous apportait n’auraient plus jamais la même saveur. Plus jamais. Et c’est là que tout a basculé.

« – Attends, mais t’es pas bien? Marshall, il est sympa, ok. Mais Barney… je veux dire, Barney quoi! »

« – Non, non, c’est Barney le meilleur, il a trop la classe. »

« – Et le coup des costards? Rhôô, c’est trop bon le coup des costards. »

Devant tant d’arguments, je me suis vite senti démuni. Vite, prépare une riposte, travaille ta défense, mets en marche toute ta mauvaise foi et tes compétences démagogiques pour répondre à ces infâmes. Mais mes travers de porc étaient arrivés, et les travers de porc, c’est pas très bon quand c’est froid. Enfin, c’est pas trop les travers de porc le problème, c’est plutôt le riz, qui lui, quand il est froid, devient tout pâteux, et comme les travers de porc, ça se mange avec du riz, bah… Fin de la discussion, donc. Bon appétit.

Ce n’est que plus tard, devant des penne au parmesan très exactement, que les démons du soir m’ont rattrapé: mais pourquoi ai-je dit un truc aussi énorme? Et puis au fur et à mesure que mon assiette se vidait, me repassant des extraits en tête, les baffes de Marshall par-ci, Barney et sa bibliothèque de pornos par-là, une lente montée d’auto-satisfaction me saisit, puisque mes rires intérieurs étaient souvent plus prononcés à la pensée du gros que du mince. Le sourire intérieur, c’est l’impression d’avoir une énorme banane quand on pense à un truc marrant, alors que notre dignité et notre besoin de ne pas passer pour un abruti nous permet de proposer à autrui un visage tout à fait neutre et sérieux. Mais pendant ce temps-là, ça se gondole sévère sous la marmite.

A ce stade de l’article, et au vu de l’urgence de la problématique du jour, je me dois de répondre à la question que tout le monde se pose: s’il n’y a vraiment que du parmesan sur ses penne, n’était-ce pas un peu étouffant? Ce à quoi je répondrai que j’avais bien entendu allongé mon assiette d’un trait d’huile d’olive. Sel, poivre, et terminé.

J’en arrive enfin au sujet du jour. Rassurez-vous, ce sera vite fait. Premièrement, Barney n’est pas Barney, c’est Dr Doogie, un point c’est tout. J’ai encore du mal à voir autre chose qu’un médecin surdoué chez ce garçon.

Ah mais oui, y'avait aussi son pote neuneu, qu'est-ce qu'il était con!

Ensuite, ce qui fait fonctionner le personnage de Barney, c’est son côté « no limit ». Avec lui, tout peut arriver, quitte même à donner une note quasi-fantastique à certains détails, comme par exemple sa capacité surnaturelle à toujours arborer un sourire narquois et la main sur le nœud de cravate sur les photos, même quand on le prend de dos ou en pyjama. Il pourrait marcher sur la lune que cela ne serait pas si étonnant. Et cette no-limit attitude est justement la limite de son potentiel comique. Puisqu’il peut tout se permettre, et que la surenchère ne s’arrête jamais, peut-il encore nous surprendre? Il suffit d’imaginer la chose la plus incroyable qu’il puisse faire, et banco, la voilà à l’écran. Trop fastoche. Ca marchait parfaitement au début, et c’est ce qui a fait -à juste titre- de Barney le laugh-symbol qu’il est. Mais maintenant que le public et la série forment un vieux couple, à coups d’épisodes distribués au kilo sur la TNT, difficile de surprendre. C’est comme quand votre nouvelle copine découvre que vous avez un penchant pour le latex: au début, ça la fait marrer, et puis à force, la flamme de la surprise s’éteint, et elle vous réclame rapidement en caleçon à carreaux. Au contraire, Marshall avait tout pour être le personnage chiant qui gâche la série: il est gentil, il est en couple et il est avocat. Et au final, bah il nous fait loler, le gros. D’abord, il a ce je ne sais quoi que les autres n’ont pas, et qu’on pourrait appeler une bonne gueule. Il lui suffit de sourire bêtement pour être drôle, quoi. Ensuite, sa corpulence lui permet de faire marrer par le simple revêtement d’un pyja-court. Certes me direz-vous, qui ne prêterait pas à rire en enfilant un pyja-court? En d’autres termes, son corps est une blague: vérifiez par vous-même. Il bénéficie aussi d’une grande réussite scénaristique: être le mari idéal (du point de vue tout à fait personnel de sa meuf en tout cas) ne l’empêche pas d’être drôle. Les scènes de couple sont souvent très marrantes, chose assez rare dans les séries comme ailleurs. Mais surtout, puisqu’il est si gentil, si honnête, si plan-plan, à l’inverse de Barney, il peut encore nous sidérer par des répliques inattendues, ou par ses accès passagers de méchanceté. Suivant cette logique, cet introverti atteint le top de son talent lorsqu’il prend la place de l’extraverti qu’il n’est pas, et quand il se retrouve au centre de tous les regards. Sa sortie de bureau en fanfare dans le dernier épisode de la saison 5, pour fêter son départ vers le lit nuptial qui doit le voir concevoir un enfant le jour même, en est le symbole. Alors qu’il est censé garder ce secret pour lui, il annonce à la terre entière que c’est ce soir que ça va se passer.  C’est peut-être ce moment que je qualifierai de plus drôle de la série. Et ce sont donc tous ces éléments, votre Honneur, qui me forcent à dire que Marshall Eriksen est plus drôle que Barney Stinson. Leur trajectoire est d’ailleurs comparable à celles de Ross et Joey: au début, Ross est plutôt pénible et plan-plan, et Joey, à la manière de Barney, est no-limit en matière de connerie. Mais ce potentiel va s’épuiser, rendant les vannes liées à sa bétise stéréotypées, alors que Ross va émerger en nous surprenant par son freak-power, un peu comme Marshall à chaque fois qu’il prend son envol.

Pour vous prouver à quel point mon raisonnement tient la route, voici un sondage établi par l’un des sites-référence en matière de pucelle à appareil dentaire, purefans.com, qui vient confirmer la suprématie de Marshall Eriksen chez les fans (de moins de 15 ans, certes) de How I met your mother. Si après ça, vous n’êtes pas convaincus…