Un blog en 6 pièces

Archive for the ‘Pietro Della Rocca’ Category

Pour ou contre : Lana Del Rey

In Pietro Della Rocca, Près des enceintes, Roi des ânes on 23 mars 2012 at 15:52

par Roi des Ânes et Pietro Della Rocca

POUR : Lana Del Rey à la recherche du temps perdu, par Pietro Della Rocca

Afin de comprendre le phénomène Lana Del Rey, un rapide retour en arrière s’impose. Eté 2011, les internets s’embrasent. Le clip Video Games fait le tour de la toile marquant ainsi le début de ce qui sera certainement le plus grand buzz du moment. La Lana mania envahit alors la planète culture pour toute la fin d’année 2011 et la diva américaine sera portée au pinacle par tout hipster qui se respecte. Puis vient en janvier 2012 la couverture des Inrocks consacrant « la naissance d’une icône ». Le début de la fin.

Car s’il est bien une chose qui hérisse le hipster lambda, c’est qu’un de ses petits protégés devienne populaire. Or c’est là le plus grand crime de la new-yorkaise : Lana Del Rey est en passe de devenir mainstream. Haro sur l’idole ! La voici accusée de tous les maux : la belle serait la pire performeuse scénique de l’histoire du son, coupable de plagiat, une immonde barbie remplie de silicone, bref un « produit marketing » fabriqué de toutes pièces par de méchants capitalistes dans le démoniaque objectif de vendre des disques. Soit. Et si on parlait un peu de musique ?

L’album Born to die, sorti fin janvier en France, que l’artiste définit parfaitement elle-même comme « estival et sombre », est d’un lyrisme ensorcelant. Les quinze titres empreints d’une profonde nostalgie, d’une beauté crépusculaire, résonnent comme l’évocation proustienne d’un bonheur passé. Une plongée dans l’intimité pastel d’une jeune fille en fleur à la portée universelle, car comme l’expliquait le grand Marcel, « c’est à la cime du particulier qu‘éclot le général ». Une heure de douce mélancolie dans ce monde de brutes, durant laquelle la jeune Lizzy nous ouvre les portes de son Dark Paradise.  « Pick me up and take me like a vitamin / ‘Cause my body’s sweet like sugar venom » lance-t-elle dans son insolent Radio. Une invitation que tout cœur sensible serait bien inspiré d’accepter. Car pour qui a un jour aimé, ri, souffert, en un mot vécu, il n’est rien de plus doux que d’aller faire un tour du côté de chez Lana.

 

CONTRE : Lana del Koulechov par Roi des ânes

Comment est-il possible que le piano-voix le plus fadasse de la décennie Video Games associé à des images télé des 90’s fasse soudain écho à un tas de choses chez un tas de gens – tout en décrétant que nous sommes officiellement vieux car la nostalgie était associée jusqu’ici aux films super 8  ? C’est grâce à Monsieur Koulechov !

Principe de l’effet Koulechov: les images ne prennent sens que les unes par rapport aux autres, et le spectateur est amené inconsciemment à les interpréter dans leur succession et non dans leur indépendance.  Une expression de visage neutre arborera un sens différent selon les images qui lui sont apposées.

Or les regards neutres mention bovinne, Lana, c’est sa spécialité !

Démonstration.

                                                 Lana est au bout du rouleau

 

 

 

 

 

 

                                                            Lana a envie d’un whooper


 

 

 

 

                                                          Lana va voter Mélenchon

Vous me direz, ça c’est que de l’image et qu’on s’en fout dans le cas d’une chanteuse. Mais le problème avec ce jeune sosie de Julia Roberts, c’est que l’effet Kouletchov s’applique également à sa musique, car Lana n’a pas un style de chant, elle en a minimum trois par titre.

Prenez par exemple le titre éponyme de l’album, Born to die. Fermez les yeux et écoutez.

Premier couplet : le bon vieux Elvis Presley, même désarticulation dans les graves.
Refrain : Nelly Furtado – « Say it right » on entend presque les cris façon baleine de Timbaland en fond.
Pont: Gwen Stephanie, nasal et péchu.

Une dernière preuve ?  Lana réalise l’exploit d’être diffusée simultanément sur Nostalgie, RFM et Virgin Radio. Shiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit comme on dit à Baltimore.

Lana del Rey (combinaison koulechovienne du prénom de l’actrice hollywoodienne Lana Turner et de la Del Ray, voiture typique des années 50 fabriquée par Chevrolet) c’est un peu comme un film de Tarantino, tous les bons éléments proviennent d’ailleurs. On kiffe le pot pourri avant de réaliser à quel point la proposition artistique est spécieuse, poseuse et creuse.

Publicités

Norbert : a startiflette is born

In La cuisine américaine, Pietro Della Rocca on 31 janvier 2012 at 17:37

par Pietro Della Rocca

Un an qu’on attendait ça. C’est parti pour la troisième saison de Top Chef avec au programme de la sueur, du sang et des larmes. Le premier épisode diffusé hier soir nous aura permis de découvrir les candidats, « quatorze artistes de la gastronomie », dixit le teaser. Une chose est sûre, on aura au moins découvert un vrai artiste, et pas seulement de la gastronomie.

Stéphane a fort envie de peloter Ghislaine Arabian

Après une introduction interminable, Stéphane Rotenberg, toujours en place (à croire que c’est le seul présentateur sur M6), envoie la première épreuve. Séparés en deux équipes, les rouges et les noirs (certainement un hommage à Jeanne Mas), les candidats vont s’affronter en un contre sur un plat qu’ils ont choisi à l’avance. A l’issu des duels, l’équipe ayant remporté le moins de points verra un de ses membres éliminé directement, avant que les survivants ne s’affrontent en épreuve de la dernière chance. Ca commence très fort. Certes, les ficelles sont toujours les mêmes : la prod veut nous faire croire que chaque candidat termine son plat à l’ultime seconde du chrono, le tout au son d’une musique de film d’action ultra-stressante durant toute l’émission. Rotenberg est insupportable, n’hésitant pas à aller casser les couilles aux candidats, pourtant ostensiblement en panique devant leurs fourneaux. Il lâchera quelques pépites du genre : « Y’a plein de trucs ! C’est dingue de faire tout ça ! ». Ou encore, à un Colombien ayant tout quitté pour venir vivre sa passion en France : « Ca vous manque pas votre famille ? ». Mireille Dumas, sors de ce corps.

Malgré ces aspects pénibles, la première épreuve s’avère plutôt astucieuse, puisqu’elle permet de faire rapidement connaissance avec la promo 2012. On y trouve par exemple Tabata, brésilienne, plutôt jolie, sympathique, et qui au vu de son prénom doit certainement avoir des parents cinéphiles. Ruben, 18 ans seulement et seul cuisinier amateur du concours, vient pour montrer qu’il peut rivaliser avec les pros. Jean, que l’on voit jouer au tennis dans son portrait, fleure bon le gosse de riche tête à claque. Noémie, lauréate du championnat de France des desserts, souhaite « donner du plaisir aux gens ». Noble ambition. Enfin Julien, véritable tête de con du concours, physique proche de Corky (un enfant pas comme les autres) et voix de fausset, a malgré toutes ses tares un égo surdimensionné. Ce genre de personnage m’étonnera toujours. Voici, en très rapide, les quelques figues de proue de Top Chef saison 3.

Une patte ce Norbert

Mais la véritable révélation, LA star de ce premier épisode, c’est sans conteste Norbert. Mis à la porte par sa mère alors qu’il est encore ado, Norbert s’est fait tout seul grâce à la cuisine. Grande gueule au cœur tendre, ce vauclusien de 30 ans a éclaboussé le premier épisode de sa classe. Sur la première épreuve, il choisi de travailler du porc élevé au gland, parce que c’est « un produit qui [lui] correspond ». Pour le porc ou pour le gland ? Durant cette première partie d’émission, Norbert va régaler la chique, dans un style tout en finesse et en distinction. Sa plus belle punchline sera son évocation de Ghislaine Arabian alors qu’il prépare son wasabi : « Je vais lui décoller les poils, ils vont rester sur le slip ». Grande classe. La production est consciente de tenir là une pépite, puisqu’elle laissera le soin à un Norbert très ému d’annoncer la victoire à son équipe.

Oui, Norbert a foiré son duel, mais son équipe a malgré tout surclassé ses adversaires. Bien embêtant, puisque le poète du 84 sera du coup totalement absent de la deuxième partie de l’émission consacrée aux épreuves de repêchage. On s’ennuie un peu à regarder les candidats revisiter le gigot flageolets pour l’équipe des Grosses Têtes (et subir les blagues qui vont avec) ou sublimer un plat (expression favorite de la voix off) à base de coquillages et crustacés. Au nom du sacro-saint suspense, on n’assiste toujours pas aux délibérations du jury, ce qui serait certainement la partie la plus intéressante de l’émission. Cyril Lignac est quant à lui toujours aussi inutile. Bref, rien de révolutionnaire dans cette saison 3. Reste simplement à espérer que Norbert aille le plus loin possible dans l’aventure, et nous fasse rêver encore longtemps de porcs, de glands et de wasabi.

Morano future

In Le salon, Pietro Della Rocca on 9 janvier 2012 at 16:06

par Pietro Della Rocca

Nadine Morano l’a décidé : en 2012, c’est elle qui régale. Pas un jour ne se passe en effet sans que la Bonemine 2.0 n’offre à la France une pépite lâchée à la télé ou à la radio. Une question peut donc légitimement tarauder le citoyen lambda, perplexe devant un tel déferlement d’inepties : pourquoi personne dans son camp politique n’empêche Nadine d’aller dire quotidiennement de la merde devant des millions de gens ? Tentative(s) d’explication.

Hypothèse #1 : personne à l’UMP ne s’est rendu compte que Morano était une bouffonne

Le 5 janvier dernier, invitée de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV, Nadine Morano raconte n’importe quoi sur le taux de TVA en Allemagne, ne laissant plus aucun doute (si toutefois il en subsistait) sur son abyssale incompétence. On pourrait s’attendre à ce qu’un important parti politique, au pouvoir depuis de nombreuses années, tente de museler ses éléments les plus inconsistants risquant de jeter le discrédit sur toute l’organisation. Pas à l’UMP, où Nadine continue d’aller dire n’importe quoi sur tous les plateaux du pays, trop heureux d’accueillir un personnage qui à coup sûr va sortir une énorme connerie, assurant ainsi la promotion de l’émission. Aucun cadre du parti ne s’est-il donc aperçu de la vacuité de la ministre ? Quoi qu’on puisse penser de l’UMP, l’hypothèse semble assez improbable. Quoique, on parle quand même d’une organisation qui a confié le destin de ses jeunes à un intellectuel du calibre de Benjamin Lancar.

Content Benji

Hypothèse #2 : Morano parle à la France d’en-bas

Selon un récent sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, seul 13% de l’électorat ouvrier envisage de donner son vote à Nicolas Sarkozy au premier tour de l’élection présidentielle de 2012 (contre 34% à François Hollande et 32% à Marine Le Pen). Pour faire remonter la cote du président sortant, il n’est pas impossible que les brillants conseillers de l’Elysée aient élaboré une stratégie diabolique : envoyer au feu quelqu’un issu d’un milieu modeste, qui parle vrai et qui saura toucher au coeur l’électorat populaire. Sauf que comme le notait très justement Sophia Aram dans sa chronique du 4 janvier sur France Inter, la Nancéienne a une fâcheuse tendance à confondre populaire et vulgaire. Sans compter que Nadine risque de rapidement gonfler l’ensemble des Français à rabâcher sans relâche et avec une étrange fierté qu’elle a elle aussi grandi dans une cité. « Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part », chantait Brassens…

Hypothèse #3 : Morano fait diversion 

Le bilan du chef de l’Etat étant ce qu’il est (catastrophique), la tentation est grande au palais d’allumer des contre-feux pour éviter toute critique des cinq années de présidence sarkozyste. On imagine le petit Nicolas passer un coup de fil à son ami Rémi Pfimlin, président de France Télévisions nommé par ses soins : « Dis-donc Rémi, j’ai quelques journaleux qui me les brisent à parler de mon bilan, ça te dit pas de faire un Envoyé Spécial sur Morano histoire de détourner un peu l’attention ? Ca leur donnera un os à ronger. » Et Rémi de s’exécuter. Ce qui donnera le 15 décembre 2011 un Envoyé Spécial surréaliste, montrant Nadine Morano prenant l’apéro au bar du coin avec ses amis ou fredonnant du Patricia Kaas dans sa voiture. Une Nadine loin des clichés, simple, au grand coeur. Une Nadine tendresse.

Hypothèse #4 : Morano a des dossiers sur Sarkozy

Certainement l’hypothèse la plus probable. Un soir, vadrouillant dans les couloirs de l’Elysée après une réception un peu trop arrosée, Nadine surprend Nicolas Sarkozy moulé dans une combinaison de cuir en train de se faire fesser par un Xavier Bertrand muni d’une cravache. Très réactive en dépit des dix-huit vodka-pomme qu’elle s’est enfilée alors qu’elle essayait de pécho l’ambassadeur de Moldavie, elle sort son Samsung Galaxy S de fonction et immortalise cette scène de débauche. Ca y est, Nadine tient le président par les couilles, et désormais plus personne ne pourra l’empêcher d’aller poser son flow qui donne la migraine dans tous les studios de l’Hexagone.

Emmène-moi danser ce soir

Libre au lecteur de conserver l’hypothèse qu’il juge la plus crédible, où de les rejeter toutes. Quel que soit le fin mot de l’histoire, chérissons les circonstances qui ont fait de la quiche lorraine un personnage récurrent du PAF. Car quoi qu’on pense de Nadine Morano – et Dieu sait qu’ici on n’en pense pas du bien -, elle nous fait quand même bien marrer.

Un dépaysement soudain

In Le salon, Pietro Della Rocca on 24 novembre 2011 at 21:13

par Pietro Della Rocca

En ce moment, et jusqu’au 18 mars 2012, la Fondation Cartier pour l’art contemporain accueille une exposition  consacrée aux mathématiques. Mathématiciens et artistes ont donc collaboré pour imaginer des oeuvres autour de ce thème original. Intrigué par cette initiative singulière, j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains et de bouger mon boule jusqu’à cette contrée exotique qu’est le 14e arrondissement.

Arrivé dans la place, une charmante hôtesse d’accueil me remet le livrée de l’exposition et m’indique que celle-ci s’étend au rez-de-chaussée et au sous-sol. Je démarre donc par la première salle dans laquelle sont diffusés des films d’animation conçus par David Lynch himself. Le maître est réputé pour l’abscondité de ses productions et pour le coup, il ne trahit pas sa réputation. N’étant pas un fan absolu du cinéaste américain (je suis un mec assez terre à terre, j’aime bien comprendre ce que je regarde), je passe assez vite sur sa bouillie indigeste et m’attaque au reste de l’exposition. Ca commence mal.

La Fondation Cartier, bâtiment créé par Jean Nouvel

Plusieurs installations occupent la deuxième salle et à dire vrai, c’est un problème. Deux films étant diffusés côte à côte, difficile de se concentrer sur l’un d’entre eux sans être parasité par l’autre. Mais est-ce si important après tout ? Car à y regarder de près, ces deux oeuvres sont à peu près aussi intéressantes que le gloubiboulga lynchéen. Dans le premier film se succèdent des figures géométriques aux propriétés remarquables et des animations kaléidoscopiques plus ou moins construites à partir de l’enchaînement des nombres premiers. Epileptiques s’abstenir. Dans le second, une main dessine sur un tableau noir pendant qu’une voix off (vraisemblablement la voix du mec qui est en train de dessiner) nous explique à quoi ressemble la rencontre entre un électron et un photon. Pas passionnant. Je passe rapidement sur l’immonde fresque murale mêlant perroquets, tigres et symboles mathématiques et me dirige vers le sous-sol. Elle va être vite torchée cette expo…

Arrivé en bas, je pénètre une salle obscure où est projeté un film en noir et blanc. Et là, bonne surprise. Deux jeunes personnes évoquent leur amour des mathématiques, et c’est captivant. Carolina Canales et Giancarlo Lucchini (puisque c’est d’eux qu’il s’agit) transpirent la passion, expriment leur soif de comprendre et le bonheur de résoudre un problème qu’on croyait insoluble. Tel est l’idée du film de Raymond Depardon et Claudine Nougaret, « Au bonheur des maths » (le titre est à chier, mais passons). Durant 32 minutes, neuf mathématiciens font tour à tour partager leur vision de la discipline à laquelle ils ont consacré leurs vies. On y entrevoit comment le travail du mathématicien, semblable à celui de l’explorateur, conduit à des sommets superbes, via des sentiers sinueux, et sur lesquels on ignore ce que l’on va découvrir. A ce titre, l’intervention de Cédric Villani est le point d’orgue du film. Grâce à une langue élégante, la rock star des mathématiques, médaille Fields en 2010, emmène le spectateur dans une voyage hors du commun. Espaces à courbure positive et gaz paresseux, les mathématiques se font poésie. « Un dépaysement soudain » : la formule du mathématicien Alexandre Grothendieck, utilisée en baseline de l’exposition, prend alors tout son sens.

Cédric Villani, quelque part entre Mac Lessgy et Lady Gaga

Et là cher lecteur, je sais que tu te poses une question : au final, ça vaut le coup ou pas ? Parce que traverser tout Paris (ne nous mentons pas, de nos jours personne n’habite à Denfert-Rochereau) et raquer 10 euros pour trente minutes de film, ça respire pas l’énorme retour sur investissement. Mais là tel que tu me vois, je viens de me taper une heure de métro et d’imbitables installations artistiques pour pouvoir te soumettre cet article d’une virtuosité rare. Autant dire que je suis claqué. Alors je vais pas non plus prendre les décisions à ta place, faut pas déconner…

Les oubliés du Ballon d’Or

In Le salon, Pietro Della Rocca on 3 novembre 2011 at 17:13

par Pietro Della Rocca

Le 1er novembre dernier, la FIFA et France Football dévoilaient la liste des 23 joueurs en lice pour le Ballon d’Or, parmi lesquels sera désigné le meilleur joueur de football du monde pour l’année 2011. Alors que l’insoutenable suspense prendra fin le 9 janvier prochain, l’Appartement a tenu à rendre hommage à dix joueurs d’exception qui eux aussi auraient largement mérité de figurer parmi les nominés. Revue d’effectif.

Mario Balotelli (Italie / Manchester City) : parfois désinvolte sur le terrain, souvent arrogant, mais toujours génial, Super Mario est un entertainer hors pair. Faisant le bonheur des tabloïds depuis son arrivée à Manchester, le Citizen s’est récemment démerdé pour foutre le feu à son appartement en lançant des feux d’artifice avec ses amis. Un génie, on vous dit.

Antonio Cassano (Italie / AC Milan) : depuis dimanche, le monde du football retient son souffle. Victime d’un malaise dans la nuit de samedi à dimanche, le fantasque attaquant italien souffrirait d’un problème cardiaque ayant entraîné une déficience cérébrale à base ischémique, et sera opéré du coeur dans les prochaines jours. La tumeur d’Abidal a été nominée dans les 23, alors pourquoi pas faire une place pour Fantantonio ?

Cassano et son slip

Ryan Giggs (Pays de Galles / Manchester United) : dernière figure du Manchester historique depuis la retraite du rouquin Paul Scholes, Giggs compte près de 900 matchs officiels sous le maillot des Red Devils. Esthète, buteur, passeur, l’immense Gallois aurait largement mérité un Ballon d’Or pour l’ensemble de son oeuvre. Au lieu de ça, le soldat Ryan a préféré baiser la femme de son frère et déclencher un énorme scandale comme on les aime en Angleterre, mais comme on les aime pas du tout à la FIFA. Putain de puritanisme…

Zlatan Ibrahimovic (Suède / AC Milan) : début octobre, Zlatan lâche une bombe en conférence de presse. Il en marre du foot. Il s’est lassé de cette routine, de la succession des entraînements et des matches. Panique chez tous les amoureux du jeu et des sorties de route médiatiques : le melon scandinave va-t-il vraiment nous abandonner ? Pour ma part, je lui aurait donné le Ballon d’Or, juste histoire de le remotiver pour trois ans.

Zlatan en pleine séance d'air blow job

Manuel Neuer (Allemagne / Bayern Munich) : en avril dernier, alors portier de Schalke 04, il dégoûte tous les attaquants de Manchester United en demi-finale de Ligue des Champions en enchaînant les parades venues d’une autre planète. Au point de s’attirer les louanges de Sir Alex Ferguson himself. Aujourd’hui, Iker Casillas est le seul gardien présent sur la liste des 23. Oui, on peut dire que c’est du vol.

Javier Pastore (Argentine / Paris Saint-Germain) : putain, le PSG a quand même pas lâché 42 millions d’euros pour un mec qui fait même pas parti des 23 meilleurs joueurs du monde ?

Képler Laveran Lima Ferreira, dit Pepe (Portugal / Real Madrid) : boucher en chef de la Maison Blanche, Mozart du tacle à la gorge, Pepe n’hésite jamais à se nettoyer les crampons sur le visage de ses adversaires. Flippant, voire dangereux, cet homme aurait dû être radié à vie des terrains de football, et ce à plusieurs reprises. Le fait qu’il gambade toujours librement dans les stades européens est un exploit qui mérite d’être récompensé.

Carles Puyol (Espagne / FC Barcelone) : on trouve cette année parmi les 23 nominés pour le Ballon d’Or sept joueurs de la sélection espagnole, et sept représentants du FC Barcelone. Autant dire qu’être un cadre de la Roja, un cadre du Barça, et ne pas figurer dans la liste, c’est un peu la teuhon. Bienvenue dans le monde de Carles Puyol.

Jango Edwards déguisé en Carles Puyol

John Terry (Angleterre / Chelsea FC) : grosse saison pour le capitaine des Blues. Après le scandale sexuel (qui devient un classique chez les footballeurs britanniques), Terry s’est fait gauler en train de se faire payer pour faire visiter le centre d’entraînement de Chelsea, a vu son père plonger pour trafic de cocaïne, et est accusé d’avoir proféré des injures racistes à l’encontre d’Anton Ferdinand. Malheureusement, Johnny n’a toujours pas réglé son problème capillaire, ce qui lui coûte certainement sa place parmi les 23.

Tony Vairelles (France / FC Fleury-Mérogis) : en dépit de ses 38 ans, la nuque longue la plus célèbre de l’Hexagone reste un attaquant d’exception. Sniper d’élite, Tony Soprano n’hésite pas à faire le sale boulot lui-même. Toujours utile pour un collectif. Ils font du hérisson à la cantoche de la Santé ?

Pour retrouver les 23 veinards sélectionnés par la Fifa, c’est par là.

Le 6-coups de la semaine / n°3

In Le salon, Pietro Della Rocca on 19 octobre 2011 at 14:49

par Pietro Della Rocca

Chaque semaine, un locataire de l’Appart’ videra le chargeur de son 6-coups sur 6 gogols dont l’absence sur la planète serait un bienfait pour l’Humanité. Cette semaine, la sélection est une ode à la France qu’on aime (ou qu’on la quitte).

1. Christian Prudhomme

Il semblerait que le directeur du Tour de France essaie consciencieusement de saboter la Grande Boucle. Non content d’avoir un vainqueur 2011 sans aucun panache, il va nous coller encore plus de contre-la-montre dans le tracé 2012. Et en 2013, on supprime les étapes de montagne ?

2. Didier Barbelivien

Dans son dernier album, « Mes Préférences » (nationales), Didier chante la France du terroir et des paysans. Didier chante Ferrat, Gabin ou Brassens. Didier, un mec nauséabond comme un film de Christophe Barratier.

3. Thierry Mariani

Le ministre des Transports et co-fondateur du collectif de la Droite Populaire a accordé un entretien au journal d’extrême-droite Minute afin de lancer sa pétition contre le droit de vote des étrangers aux élections locales. Sa motivation ? « Le patriotisme ». No comment.

4. Marion Cotillard

Après Woody Allen et Christopher Nolan, la môme continue son travail de sape contre la réputation de nos réalisateurs préférés en incrustant son regard de truite saumonée en état de mort cérébrale dans le dernier Soderbergh. Et si tu te contentais de jouer dans les bouses de Guillaume Canet ?

5. David Douillet

On croyait avoir touché le fond lorsque Bernard Laporte dirigeait le Ministère des Sports. Raté. L’UMP nous a trouvé un ministre tout aussi con, mais en plus gros. Fallait y penser.

6. Liliane Bettencourt

« Liliane Bettencourt menace de quitter la France », voilà ce que titrent les journaux depuis dimanche dernier. Bah vas-y meuf, casse-toi.
Le 6-coups n°2, c’est par ici.

Le chant des sirènes – Orelsan

In Pietro Della Rocca, Près des enceintes on 7 octobre 2011 at 15:31

 

par Pietro Della Rocca

Difficile position que celle de notre ami Orelsan au moment de sortir son deuxième album. Le mec avait séduit une bonne partie du public français (et moi-même en particulier) en prenant le contre-pied de l’ensemble du rap jeu, revendiquant son côté loser, geek et no life. Il faut bien le dire, on s’identifiait assez facilement à cette sorte de trentenaire moyen pas tout à fait sorti de l’adolescence, prompt à trop picoler avec ses potes et effrayé par les meufs. Problème : avec Perdu d’avance (son premier album), le bonhomme a connu le succès, et est même devenu assez hype. Et maintenant, qu’est-ce qu’il va bien pouvoir nous raconter ?

Le chant des sirènes se situe sur une corde raide. Pour caricaturer, deux solutions s’offrent au rappeur normand. La première option serait de continuer à nous parler de ses soirées ratées, de ses échecs du quotidien et de son absence de foi en un futur radieux. Outre le fait qu’un tel discours serait moyennement crédible après le succès connu par l’artiste, il sonnerait surtout comme une redite un peu paresseuse de l’album précédent. Alors oui, c’est vrai, tous les Booba, Rohff ou Sefyu ressassent encore et toujours les mêmes thèmes (j’ai un gros gun, de belles bagnoles et je baise plus de meufs que toi) sans pour autant qu’on leur en tienne rigueur. Il n’empêche, venant d’un mec créatif comme Orelsan qui nous avait surpris en 2009 avec ses textes atypiques, on attend mieux. Force est de constater que malheureusement, les nouvelles chansons du maestro tombent un peu dans ce travers facile. Un exemple : dans les seize chansons que compte l’album (oui, il a été généreux), on rencontre encore des bitures entre potes, des black-out, des choix douteux suite à une trop importante consommation de joints et des lendemains qui déchantent (Des trous dans la tête). Cruelle stagnation résumée par Orelsan lui-même, encore capable malgré tout de trouver les formules qui font mouche : « ton rap c’est comme Pôle Emploi, faut que tu t’actualises ».

L’autre écueil, a contrario, serait de prendre prétexte des récents succès pour basculer dans un rap mainstream nous racontant la gloire, l’argent, et les filles. Bien sûr, Le chant des sirènes ne tombe pas dans le bling-bling (non, Orelsan ne sera jamais Lil Wayne), mais on sent malgré tout une certaine tentation pour le côté obscur, notamment lorsque le garçon fait état de ses nombreuses conquêtes féminines (Double Vie). Venant d’un mec qui nous disait il y a deux qu’il « trouvait jamais de meuf » et « traînait qu’entre testicules », ça fait bizarre.

Si on ajoute à ce constat des musiques vraiment pas dingues, on peut donc résumer Le chant des sirènes en un mot : décevant. Mais pouvait-il en être autrement ? Certainement, étant donné qu’on retrouve tout de même ponctuellement le génie d’Orelan. Le titre éponyme, Le chant des sirènes, offre un son sympa et permet de retrouver l’artiste torturé et un peu paumé qu’on avait adoré, et sa peur de l’échec. Dans un autre registre, Ils sont cools (en duo avec Gringe) renoue avec les recettes qui nous ont fait kiffer. Tout ce qu’on aime dans ce rap : des bonnes grosses punchlines , de la méchanceté gratuite, de l’auto-dérision et un peu de vulgarité puérile. Un manifeste drôle et fédérateur, un peu à l’image de son No Life de 2009. L’album pâtit peut-être d’un certain manque d’ambition, résumé par cette magnifique phrase : « mon canapé en skaï’s the limit ». Il ne nous reste plus maintenant qu’à espérer que notre héros se ressaisisse, à afficher son logo dans le ciel et à attendre qu’il revienne nous sauver des griffes de notre quotidien ennuyeux.

Grolles de drame

In Le salon, Pietro Della Rocca on 26 juillet 2011 at 17:23

par Pietro Della Rocca

 

Etant chômeur depuis quelques semaines, et de ce fait complètement désoeuvré, je me suis récemment découvert un fantastique compagnon de route : le Tour de France. Voir tous ces mecs habillés de manière totalement ridicule lutter sur leurs bicyclettes avait quelque chose d’apaisant pour moi qui passait mes journées à mouler en slobard dans mon salon. Un peu comme si dans une sorte de sacrifice christique, les Voeckler & co en chiaient comme des Russes à gravir des cols à 25% de moyenne pour que d’autres personnes aient le droit de glandouiller tout l’été. Malheureusement, mes petits copains à pédales sont arrivés à Paris, ils ont remballé leurs vélos et leurs trousses à pharmacie et sont allés goûter à leur tour un repos bien mérité. Merde, qu’est-ce que je vais devenir ?

Un être humain lambda aurait certainement sombré dans la dépression, dévorant des Miel Pops h24 en regardant Gulli. Pas moi. Montrant une force de caractère digne d’Aron Ralston, j’ai décidé de vivre. Et quoi de mieux pour se sentir vivant que d’aller dépenser son argent pour s’offrir des chaussures (j’ai conscience que cette dernière phrase sonne vraiment très gay, mais que voulez-vous, je suis un fan inconditionnel de Carrie Bradshaw). J’enfile donc un pantalon (chose qui ne m’était pas arrivée depuis plusieurs jours) et file en direction de ce temple de du street wear appelé Citadium. A nous deux Paris. Un premier choc m’attend à l’intérieur : du haut de mes 27 ans, je suis d’assez loin le doyen de la foule des badauds en quête de style. Ca commence à devenir pénible. Il était déjà devenu compliqué de trouver un bar n’ayant pas été confisqué par une jeunesse aux dents longues se nourrissant de notre lent déclin et de notre proche décrépitude. Il est désormais exclu d’aller faire du shopping sans avoir l’impression d’être un vieillard croulant. Très bien, reste calme. Je suis pas sorti de ma retraite pour faire demi tour à la première difficulté. Je savais que ce serait dur. Je respire un grand coup, et je fonce. Putain, ils sont tous en train de se foutre de ma gueule…

Tentant de me faire le plus discret possible afin d’éviter les ricanements de tous les petits cons qui feraient mieux de réviser leur oral de rattrapage (« non Kevin, Göring n’est pas une marque de sous-vêtements »), je jette un oeil attentif à tous les modèles de pompe disponibles. Et là, nouveau souci : il y en une blinde. Comment faire un choix ? Seul face à cet océan de godasses, je donnerais un rein pour pouvoir compter sur les conseils avisés d’une Cristina Cordula (mais si, la milf qui relooke des trumeaux sur M6 ! Bah ouais, je suis chômeur…). Je fixe finalement mon attention sur un modèle cool, quand me saisit une vieille angoisse familière : je vais devoir solliciter le vendeur pour essayer les chaussures. Mon rythme cardiaque s’accélère. Si ça se trouve, je viens de choisir sans le savoir un modèle pour meufs, et tout le staff va bien se fendre la poire en me montrant du doigt. Ou alors la jeune fille en gilet rouge a de graves problèmes personnels, et elle a d’autres choses à foutre que de m’apporter ces Converse en 44. N’écoutant que mon courage, je saute finalement le pas et demande ma pointure. Merde, ils l’ont plus. Une fois. Deux fois. Trois fois. Comme si c’était pas assez compliqué comme ça, il semblerait que la France qui se lève tôt se soit passée le mot pour venir vider les stocks sur toutes les pompes pour lesquelles j’avais plus ou moins un bon feeling. C’est officiel, les dieux de la sape sont contre moi.

Au final, j’ai opté pour une paire de Nike. Des Nike rouges pour tout vous dire. Un peu par défaut. Un peu par orgueil. Pas question de rentrer à la maison les mains vides. Mais je suis pas totalement convaincu. Mes prochaines sorties dans la rue risquent d’être anxiogènes. Alors si vous me croisez par hasard dans le métro, soyez sympa, n’hésitez pas à me faire un petit compliment du genre « Cool des grolles Pietro ! », « Classe les sneakers ! », ou encore « T’es vraiment canon, ça te dirait qu’on fasse l’amour ? » (ok, vous êtes pas obligé(e)s d’aller jusque là). Toujours est-il qu’après cette épreuve, je pense avoir mérité un peu de réconfort. Pour la fin de la semaine, je pense que je vais me contenter de mater les championnats du monde de natation à la télé. Si des types sont allés jusqu’en Chine pour pratiquer le dos crawlé en moule-bite, c’est bien pour que d’autres aient le droit de se la couler douce, non ?