Un blog en 6 pièces

Archive for the ‘Près des enceintes’ Category

Metallica… et justice pour tous

In Près des enceintes, Vlameth Brevada on 17 mai 2012 at 22:42

par Vlameth Brevada

Christiane Taubira? Pffff…. Je vais vous dire qui on aurait du balancer à la Justice: Metallica. Ils nous ont prouvé ce samedi au Stade de France qu’ils avaient la carrure d’un garde des Sceaux. Et puis de toute façon, il semble qu’on puisse nommer à peu près n’importe qui à ce poste, puisque même Rachida Dati l’a occupé, alors…

1. Metallica milite pour l’égalité des chances

Grands seigneurs, les métalleux avaient invité The Kills en première partie. A priori, rien à voir entre les 2 groupes… D’ailleurs, autour du Stade avant le concert, on pouvait entendre un peu partout des « Mais c’est quoi The Kills? » et autres « Vas-y mais d’où ils nous mettent cette grosse daube en 1ère partie? ». Et bien la réponse est simple: Metallica a le sens du partage, et ose donner sa chance au duo trendy malgré les conditions improbables. Bon, au final, on a eu droit à une fosse de 20 000 doigts d’honneur pendant tout le set, mais l’intention était là. Merci Metallica.

(Allez quand même jeter un coup d’oeil aux commentaires des videos de The Kills, vous verrez que les gros métalleux sont pleins d’humour. Sacrés eux, va!)

2. Metallica respecte ses engagements

Le pitch de la tournée 2012 est simple: « Les mecs, pour les 20 ans de sa sortie, on va vous jouer le Black Album en in-té-gra-li-té. » Pour les incultes, le Black Album est le disque le plus connu de Metallica, et celui qui les a fait accéder au grand public. En gros, le Black album est à Metallica ce que Somewhere over the rainbow est à Israel Kamakawiwo’ole (tu sais bien, le gros hawaïïen au ukulele): le tube qui révèle un artiste aux yeux du monde entier après 10 ans de carrière underground (enfin presque underground, quoi…)

Franchement, je me disais qu’ils allaient chantonner vite fait un refrain par-ci, un couplet par-là, et vlan, en 20 minutes, on t’expédie l’album et on passe à Master of Puppets et compagnie. Et bah rien du tout: ils ont tout joué. Tout. Dans le sens inverse de l’album, certes, mais tout quand même. Metallica, la confiance avant tout.

3. Des lois claires et sans détours

La mission du Ministère de la Justice: « la définition et la mise en œuvre des grandes orientations de la politique en matière de justice ». Or, on se plaint tout le temps de la lourdeur des textes de loi, et on a bien raison, parce qu’en général, ils sont complètement imbitables. Bon, et bah au moins, avec Metallica, pas de détours de 20 km pour exprimer une idée, leurs propositions sont limpides: « Seek and Destroy« , « Fight fire with fire« , « Jump in the fire« , « Shoot me again« . Avec des punchlines pareilles, les secrétaires d’Etat devraient arrêter de s’astiquer derrière leurs bureaux Louix XV et se remuer un peu. Metallica, l’action avant tout.

4. Metallica prend en charge les jeunes délinquants

On ne va pas se mentir: le fan de Metallica a tout du jeune-délinquant-pas-gentil: crâne rasé, haleine de bière, veste en cuir trop grande, etc… Et que fait un crâne rasé pour se distraire d’habitude? Il casse des motos ou il écrase des bouteilles de Bud sur la tête de son voisin. Pas cool, quoi. Et bien avec Metallica, la solution est toute trouvée: une fois réunis au Stade de France, qu’est-ce qu’on va bien pouvoir leur donner à ces grands gaillards pour les amuser un peu? Et bah des ballons! Plein de gros ballons jetés dans la foule (à 2’00 »), et les bad boys sont comme des gamins. La prise en charge des jeunes délinquants, c’est aussi le job de la Justice. Metallica, youth is beautiful.

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Un seul Beastie vous manque…

In Près des enceintes on 5 mai 2012 at 01:50

… et tout est dépeuplé.

Sachez que les locataires ont découvert la musique, la vie, l’amour et bien d’autres choses au son des Beastie Boys. Alors autant vous dire qu’on a un peu l’impression qu’un monde s’est écroulé quand on a appris la mort de MCA…

Adam Yauch, respect.

 

Le Roi David

In Près des enceintes, Roi des ânes on 9 avril 2012 at 17:36

Par Roi des ânes

Paris est la seule ville au monde où David Guetta a le trac avant de monter sur scène… et presser le bouton play du cd de son concert.

22H30

Triste, triste dimanche de Pâques dans la capitale déserte. Sous une pluie molle et froide, je me dirige vers le temple aux pelouses verticales qui vibre depuis 19h30 aux sons des infrabasses fun-radioesques; le Roi, fidèle aux coutumes du royaume de la « night », ne sera sur scène qu’à 23h. Les métros parisiens attendront d’ailleurs spécialement pour lui.

22h55

Bercy, qui s’est métamorphosée en une immense boite de province, craque sous la foule des fidèles qui arborent bracelets lumineux et t-shirts aux  slogans d’Ibiza. Soudain, l’assemblée frémit comme un seul homme: tous les regards convergent vers la tribune VIP où la reine et le prince – Cathy et Elvis Guetta- saluent généreusement le bon peuple, dans un nuage de VIP issus de la télé-réalité que seul l’oeil expert de Vlameth aurait pu identifier. Je ne reconnais pour ma part que Jean Marie Bigard et une angoisse sourde monte en moi.

23h précises

Le roi David accède à son trône : 4 platines cd devant un écran vidéo. Maigrichon, avec une coupe de cheveux que seuls un triple album de platine et une liste de featuring vertigineuse sur Nothing but the beat (2011) autorisent, David met son casque et lance son bulldozer électronique qui ne bougera pas d’un seul beat pendant 3H.

Le boléro de Guetta, 600 fois le même cycle en une soirée !

Vous avez dit pauvreté musicale? Non ! Simplicité, appropriation immédiate de la ritournelle pour les impétrants au levage de bras. Les usages du royaume Guetta sont simples et David vous les donne de bon cœur : doigts en pistolet quand un sample “tabasse”, mouvement des avant-bras à l’entrée des percussions, doigts en coeur pour les intros vocales boursoufflées d’auto-tuner, et pour le summum, l’extase, claquement de mains au dessus de la tête en marquant le beat alternativement de chaque pied.

Alors on danse. Et quand le véritable tube de l’album,”Little bad girls” (feat Taio Cruz et Ludacris) explose et que les machines à confettis et fumées répandent une ambiance de boum de collège, on chante de bon coeur.

Que fait-il exactement derrière ses platines? C’est un peu la question, à cause de cette fâcheuse manie qu’il a de lever les bras – ou de boire – au moment précis des enchaînements. Mais le seuil de rentabilité de cette merveilleuse équation – un mec sur scène vs 17.000 entrées payantes – est d’une telle beauté qu’on lui pardonne son djing en play-back.

1H00

En nage, David prend quelques mesures pour nous rappeler que sa musique fut longtemps ostracisée, cantonnée aux raves illégales dans des tunnels. Et à l’écouter 15 ans plus tard, on se demande bien ce qu’il reste de ce paradis underground auquel se réfère cette joyeuse putasserie sonore.

Mais à travers cet univers vulgaire et cheap où l’énergie drink a remplacé la drogue, David demeure désarmant de bonne volonté, tout occupé à faire kiffer les gens, presque touchant quand il rit comme un môme à chaque fois qu’il a piégé son public en coupant le son.

Alors comme disait le bon Arthur Honegger : “Vive David vainqueur des Philistins, l’éternel l’a choisi, l’éternel le soutien.”

Pour ou contre : Lana Del Rey

In Pietro Della Rocca, Près des enceintes, Roi des ânes on 23 mars 2012 at 15:52

par Roi des Ânes et Pietro Della Rocca

POUR : Lana Del Rey à la recherche du temps perdu, par Pietro Della Rocca

Afin de comprendre le phénomène Lana Del Rey, un rapide retour en arrière s’impose. Eté 2011, les internets s’embrasent. Le clip Video Games fait le tour de la toile marquant ainsi le début de ce qui sera certainement le plus grand buzz du moment. La Lana mania envahit alors la planète culture pour toute la fin d’année 2011 et la diva américaine sera portée au pinacle par tout hipster qui se respecte. Puis vient en janvier 2012 la couverture des Inrocks consacrant « la naissance d’une icône ». Le début de la fin.

Car s’il est bien une chose qui hérisse le hipster lambda, c’est qu’un de ses petits protégés devienne populaire. Or c’est là le plus grand crime de la new-yorkaise : Lana Del Rey est en passe de devenir mainstream. Haro sur l’idole ! La voici accusée de tous les maux : la belle serait la pire performeuse scénique de l’histoire du son, coupable de plagiat, une immonde barbie remplie de silicone, bref un « produit marketing » fabriqué de toutes pièces par de méchants capitalistes dans le démoniaque objectif de vendre des disques. Soit. Et si on parlait un peu de musique ?

L’album Born to die, sorti fin janvier en France, que l’artiste définit parfaitement elle-même comme « estival et sombre », est d’un lyrisme ensorcelant. Les quinze titres empreints d’une profonde nostalgie, d’une beauté crépusculaire, résonnent comme l’évocation proustienne d’un bonheur passé. Une plongée dans l’intimité pastel d’une jeune fille en fleur à la portée universelle, car comme l’expliquait le grand Marcel, « c’est à la cime du particulier qu‘éclot le général ». Une heure de douce mélancolie dans ce monde de brutes, durant laquelle la jeune Lizzy nous ouvre les portes de son Dark Paradise.  « Pick me up and take me like a vitamin / ‘Cause my body’s sweet like sugar venom » lance-t-elle dans son insolent Radio. Une invitation que tout cœur sensible serait bien inspiré d’accepter. Car pour qui a un jour aimé, ri, souffert, en un mot vécu, il n’est rien de plus doux que d’aller faire un tour du côté de chez Lana.

 

CONTRE : Lana del Koulechov par Roi des ânes

Comment est-il possible que le piano-voix le plus fadasse de la décennie Video Games associé à des images télé des 90’s fasse soudain écho à un tas de choses chez un tas de gens – tout en décrétant que nous sommes officiellement vieux car la nostalgie était associée jusqu’ici aux films super 8  ? C’est grâce à Monsieur Koulechov !

Principe de l’effet Koulechov: les images ne prennent sens que les unes par rapport aux autres, et le spectateur est amené inconsciemment à les interpréter dans leur succession et non dans leur indépendance.  Une expression de visage neutre arborera un sens différent selon les images qui lui sont apposées.

Or les regards neutres mention bovinne, Lana, c’est sa spécialité !

Démonstration.

                                                 Lana est au bout du rouleau

 

 

 

 

 

 

                                                            Lana a envie d’un whooper


 

 

 

 

                                                          Lana va voter Mélenchon

Vous me direz, ça c’est que de l’image et qu’on s’en fout dans le cas d’une chanteuse. Mais le problème avec ce jeune sosie de Julia Roberts, c’est que l’effet Kouletchov s’applique également à sa musique, car Lana n’a pas un style de chant, elle en a minimum trois par titre.

Prenez par exemple le titre éponyme de l’album, Born to die. Fermez les yeux et écoutez.

Premier couplet : le bon vieux Elvis Presley, même désarticulation dans les graves.
Refrain : Nelly Furtado – « Say it right » on entend presque les cris façon baleine de Timbaland en fond.
Pont: Gwen Stephanie, nasal et péchu.

Une dernière preuve ?  Lana réalise l’exploit d’être diffusée simultanément sur Nostalgie, RFM et Virgin Radio. Shiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit comme on dit à Baltimore.

Lana del Rey (combinaison koulechovienne du prénom de l’actrice hollywoodienne Lana Turner et de la Del Ray, voiture typique des années 50 fabriquée par Chevrolet) c’est un peu comme un film de Tarantino, tous les bons éléments proviennent d’ailleurs. On kiffe le pot pourri avant de réaliser à quel point la proposition artistique est spécieuse, poseuse et creuse.

Les anti-nucléaire braquent France Inter.

In Près des enceintes, Vlameth Brevada on 13 mars 2012 at 21:23

par Vlameth Brevada

Rien d’exceptionnel dans ce post, juste un extrait audio sympatoche. Il nous arrive en effet de n’avoir rien de particulier à dire, mais de seulement vouloir partager un truc qu’on a vu ou entendu quelque part. Alors voilà, cadeau.

Un petit passage sonore rigolo, entre un animateur radio qui ne tolère pas qu’on dérange le conducteur de son émission (et il a peut-être raison), et des militants qui estiment que le seul moyen d’être entendus est de contourner les voies habituelles de communication (et ils ont peut-être raison).

J’ai quand même tendance à croire que ce type de prise de parole tend surtout à conforter les militants dans leur posture de révoltés et d’exclus des médias, et leur permet de se mettre en scène tout seuls dans la position du martyre.  Une telle action est tout à fait justifiée pour menre un combat dont personne ne parle. Mais là, le message qu’ils portent (la lutte contre l’énergie nucléaire) semble quand même avoir une visibilité acceptable dans les médias. Posture étonnante venant d’eux, donc.

Mais le plus marrant dans l’histoire reste le numéro de maître d’école de Stéphane Paoli. On jurerait entendre un extrait de film de Gérard Jugnot.

Camille, la première de la classe

In Près des enceintes, Roi des ânes on 20 février 2012 at 18:06

Par Roi des ânes

C’était chez Taddéï – un mec tellement au top qu’il va forcément se retrouver un jour dans un 6-coups – Camille chantait en live trois extraits de son nouvel album Ilo Veyou. J’ai (re-)pris une claque. C’est la première de la classe des chanteuses françaises, très forte et très agaçante.

Vous connaissez les premiers de classe qui mettent tout le monde à la ramasse, en mode inatteignables, “next step” comme on dit chez Silicon Sentier, et bien c’est ce que je pense de la dernière « copie » rendue par Camille, son album  Ilo Veyou.

A l’écrit, Camille cartonne en français, en maths et en anglais. Entre la sucrée « étourderie« , le jouissif et entêtant “Allez allez allez” et la Partita de Bach pour voix seule “Tout dit” elle cale au passage, un tube digne d’une BO de love story hollywodienne “She was”. Je suis sûr que si elle rappait, ce ne serait pas complètement ridicule.

Et puis il y a l’oral, le live, où son niveau est tel qu’elle ne joue pas dans la même cour que les autres. Pourtant Dieu sait si le live est la planche savonneuse où se vautrent régulièrement les chanteuses. Elles commencent et en quelques notes c’est la dégringolade gênante… Mention spéciale pour le groupe pertinemment nommé Oh la la, qui projette sa chanteuse dans le mur des Lamentations au premier couplet.  Faut « oser » comme ils disent.

Il faut bien dire que le niveau de la classe est atrocement bas, ce qui explique pourquoi le pauvre Vlameth est forcé de fantasmer sur la correspondante québécoise d’Elodie Frégé, Coeur de Pirate. La Grande Sophie (qui a redoublé 5 fois pour filer la métaphore) est pour moi le summum de la nullité, suivie de Mademoiselle K et… non, pardon, j’arrête, Mélanie Laurent, la pionne, nous le répète,  pas d’ouverture sur la haine.

En réalité, il y a régulièrement des one shot dans la varièt’ française, des élèves médiocres qui craquent leur slip et pondent une perle le jour de l’exam.  Je pense par exemple à « Cinq ou six années » de Jeanne Cherhal, ou à “Moi c’est” de Camélia Jordana, improbables et vraiment réussies. Mais sur la longueur, ça ne tient pas. Alors que Camille c’est comme Tonyglandil, c’est du béton.

Et pourtant elle revient de loin, parce qu’avec son premier album Le sac des filles (2002), c’était pas gagné. Pour sa défense, l’enregistrement a eu lieu pendant son stage de sience-po, et elle était saoulée par les exs de son boyfriend d’alors, Jean-Louis Murat, le BG de la chanson française. Et puis vint la révolution du Fil en 2005, avec un concept artistique fort et qui fonctionne (un si en segue du début à la fin de l’album) qui  mit tout le monde KO. C’est un peu comme Radiohead qui, après deux albums dégueux – Pablo Honey (1993) avec l’horreur « Creep » et The Bends (1995) -se sortent les oreilles du c** et pondent la perle Ok Computer. Comme Camille, ils ont voulu se laver de leurs débuts compromettants en poussant vers l’expérimental. Mais si Kid A est génial, The music Hole (2008) est parasité par son aspect super guttural qui, bien que ludique, nuit à presque toutes les chansons. Avec Ilo Veyou, Camille retrouve la langue française qu’elle sait si bien tordre et faire swinger.

Alors, qu’oserait-on lui reprocher, mécréants du web que nous sommes ?

Et bien, de ne pas jouer le jeu.

La caricaturale video  d’« Allez allez allez » le trahit : pas de make up, pas de lipdub mais une acoustique cradouille (10 après l’Hyperballad de Björk), une tenue néolithique vaguement anti – et donc fashion, une banane et… un rot !

Est ce qu’Hélène Ségara, est-ce Nolwenn se permettent de roter ? Non, elles se maquillent, elles se calent bien sur le playback et elles font des regards mollement langoureux. Ce sont des chanteuses, et à tout refuser, tourner en dérision, Camille redevient la tête à claques d’hypokhâgneuse d’Henri IV. Vous savez le genre d’esprit supérieur qui se complaît dans le prosaïsme et la puérilité justement parce qu’il a accès aux plus subtiles abstractions. C’est son côté Guermantes, et elle nous fait tous passer pour des Verdurin (après le rot, le Proust).

Et puis, elle devrait rendre sa banane à Philippe Katerine car son copain de classe, c’est plutôt l’absurde et génial Matthieu Booggaerts.

Camille, t’es la plus forte, on le sait, alors arrête de crâner et vient manger à la cantine avec les autres.

Playlist #3 « Costa Croisières »

In Près des enceintes on 3 février 2012 at 16:05

On a retrouvé la playlist jouée sur le Costa Concordia. En exclu, on vous la fait partager. Pour les plus modernes d’entre vous, la playlist est dispo sur Spotify, par ici:

Alain Souchon – Putain, ça penche

Cette phrase s’est retrouvée en TT sur Twitter pendant quelques secondes.

La Petite Sirène – Sous l’océan

On dramatise, on dramatise, mais une fois dans l’eau, ça swingue à mort: « La raie au djembé, l’gardon au violon, la sole rock’n’roll, le thon garde le ton,.. » Finalement, à en croire Sébastien l’écrevisse (ou le homard?), on serait peut-être mieux là-dessous…

Nadiyah – Roc

Si le commandant Francesco Schettino avait un peu mieux potassé ses classiques, il aurait su qu’il n’y a rien de plus solide qu’un roc !! Zidane serait passé plus au large, lui…

Renaud – Dès que le vent soufflera

Pour être vraiment précis, c’est la chaloupe qui prend l’homme, et vous dépose sur du rivage.

Michel Sardou – Le France

Une chose est sûre, rien de tout cela ne serait arrivé avec un bateau bien de chez nous. C’est pas moi qui le dis, c’est Michou!

The Lonely Island ft. T-Pain – I’m On A Boat

Avec tout ce bling bling, le yacht de Bolloré et compagnie, faut pas s’étonner que 4 000 péquins aient envie d’aller faire les malins sur un gros paquebot.

The Box Tops – The Letter

« Gimme a ticket for an aeroplane, ain’t got time to take a fast train ». Déjà en 1967, les Box Tops avaient compris que le bateau n’était pas une option très fiable pour se rendre d’un point à un autre.

The Rapture – Sail Away

Une funeste invitation au voyage.

Lilicub – Voyage en Italie

Il faut voir le bon côté des choses, ça aura permis aux rescapés de visiter l’île de Giglio. Et d’après Google Images, ça a l’air plutôt mignon.

The Beatles Drive my car

« – Baby, you can drive my car.
–  Non, non, chéri, tant pis, c’est trop tard, j’irai en bateau! »
Voilà ce que c’est de ne pas accepter l’aide de son gentil mari.

Destiny’s child – Survivor

En cas d’incident, gardez espoir et suivez l’exemple de Beyoncé et ses cop’s: naufragées, elles ont réussi à rester fraîches,  le brushing impeccable et en plus, elles en ont fait un tube. Pour vous aussi, le starsystem n’est peut-être pas si loin.

Kriss Kross – Jump!

Visionnaires, les mecs. Ceci dit, une fois qu’on aura sauté, je suis pas sûr qu’une salopette à l’envers soit le truc le plus pratique pour nager.

Arctic Monkeys – When the sun goes down

A moins que ce ne soit le niveau de l’eau qui monte…

Aaliyah – Rock the Boat

La tragédie du tournage de ce clip nous rappellera que, avion, bateau, voiture, ou train… le moyen de transport le plus sûr restera, quoiqu’il arrive, l’ascenseur. Mais pour visiter Giglio, ce n’est certes pas le plus rapide.

Sean Paul – Gimme The Light

D’après la déposition du commandant de bord, voilà la chanson écoutée au moment de la collision. Inchino, comme ils disent…

Captain Sensible – Wot

« – He says Captain – I say what ? – He says Captain, on passe pas un peu trop près ? – I say, restez sur le navire, je reviens tout de suite… »

Axel Bauer – Cargo de nuit

« Cette machine dans ma teeeeeeeeeete – keep on going « . Axel, il est temps d’assumer les conséquences de ton tube sur les pilotes de navire.

Niagara – L’amour à la plage

Pour ceux qui réussissent à l’atteindre…

Céline Dion – My heart will go on

Titanic sous les tropiques. Il a bien du y avoir un rigolo pendant le voyage pour entonner cette chanson les bras écartés sur le pont avant. Quelques minutes après, c’était tout de suite beaucoup moins drôle.

Slayer – Seasons in the abyss

Du métal et de l’eau salée, le cocktail qui fait chavirer.

A votre écoute, coûte que coûte

In Près des enceintes, Vlameth Brevada on 1 février 2012 at 23:55

par Vlameth Brevada

France Inter a lancé une nouvelle émission, « A votre écoute, coûte que coûte », qui est peut-être ce qui se fait de plus drôle et de plus surprenant actuellement à la radio. Et qui, en prime, envoie une pichenette au pire fléau radiophonique qui soit: la libre-antenne.

Un matin de ce mois janvier, 12h20, France Inter, Isabelle Giordano annonce la première diffusion de « votre nouvelle émission de conseils santé-pratique », prévue désormais tous les jours à cette heure. On va donc se faire chier le midi. Bon, allez, je vais quand même écouter la première émission, au pire, si c’est naze, ça me donnera un nouveau truc à critiquer, c’est ce que je fais de mieux. Alors allons-y. Violons en intro et générique de présentation digne de Radio Courtoisie: « Anima sana in corpore sano, un esprit sain dans un corps sain ». Oh putain, bonjour la psychologie à 2 balles, on dirait les bouquins de méditation de ma tante, avec le signe du yin et du yang sur la couverture.  » Philippe et Margareth de Beaulieu, à votre écoute. » On va donc écouter des auditeurs raconter leur life, sans se rendre compte que tout le monde se branle royalement de leurs petits problèmes. Bon, je fais un effort, je continue. « Bla bla bla à votre écoute, bla bla bla psychologie, bla bla bla on a Olivier en ligne, bonjour. » Je m’apprête finalement à zapper, quant tout à coup, un miracle semble se produire.
« – Vous nous appelez de Dijon, alors quel est votre problème? Vous êtes en colère? La moutarde vous monte au nez, ha ha ha?
– Heu, non, je souffre d’obésité. »
Et bam, gros blanc. Ambiance humour noir dans une émission « santé »? Qu’est-ce que c’est que cette histoire? Continuons.
« – Alors d’abord quel est votre poids?
– 150.
– Et vous mesurez?
– 150.
– Non, votre taille…
– Oui, 150. »
Re-blanc.
« – Ah oui… là, effectivement, c’est ce qu’on appelle un problème d’obésité. Obésité morbide, même. Houlà. »
Je reste scotché à ma radio. Le médecin reprend:
« -Que mangez-vous, Olivier?
– Bah, le matin des biscottes et du beurre allégé, le midi une salade et un yaourt, et le soir, très léger.
– D’accord… Olivier, pourquoi nous mentez-vous? Il doit bien y avoir un moment où vous vous gavez quand même, non? »

Et ça continue sur ce ton pendant 10 minutes. Je ne vous en dirai pas plus, parce que la surprise fait partie de l’émission. En tout cas, ça faisait longtemps que je n’avais pas écouté un truc aussi drôle. C’est même très rare d’être surpris à ce point à la radio, d’où l’envie de vous faire partager cela. Si vous ne savez pas quoi faire à 12h20 demain, n’hésitez plus. Et tant pis si vos collègues vous attendent 5 minutes devant la porte pour aller bouffer.

L’arrivée de cette chronique est aussi l’occasion de souligner que la libre antenne est la pire des choses que l’on puisse écouter à la radio. Et en cela, France inter marque un point de plus. Là, je marque une pause: car attention, vous êtes sur le point de lire deux paragraphes d’indignation contre les libres-antennes, indignation que je reconnais être complètement inutile et sans aucun intérêt. Mais comme j’aime beaucoup écouter la radio, je m’irrite très vite dès qu’il en est question. Je vous aurais prévenus. C’est parti, donc.

« Je m’indigne », paragraphe 1: La libre-antenne n’est rien de moins qu’un signe de démission du journaliste. Et vlan. Quand on ne sait pas comment traiter un sujet, ou comment en parler, rien de plus simple que de donner la parole à Véronique, 33 ans, mère au foyer, et de la laisser nous bassiner avec ses petits problèmes. « Oui, alors moi, je suis une victime directe de la baisse de la TVA dans la restauration, vous voyez, mon mari, il tient une buvette à côté du stade, et son sandwich aux rillettes est passé pus cher que le jambon-beurre du bistro d’en face. Tout ça à cause de la baisse de la TVA. De toute façon, les politique, ils s’en foutent de nous, ils pensent qu’à leur pognon, y’a qu’à voir l’affaire DSK. » Voilà à peu près ce à quoi l’on a droit dès qu’on laisse les auditeurs s’exprimer. Parce qu’en général, ceux qui ressentent le besoin de parler à l’antenne à des millions d’auditeurs sont aussi ceux qui ont l’impression, dans leur quotidien, que personne ne les écoute autour d’eux. Or, si personne ne les écoute, c’est en général parce qu’ils sont très chiants, voilà.

« J m’indigne », paragraphe 2: Par ailleurs, donner la parole à un auditeur, c’est en quelque sorte transformer son opinion personnelle en information. Car elle est légitimée par le journaliste qui lui laisse l’antenne. Or, prétendre qu’une opinion individuelle -qu’elle soit juste ou non- constitue une infirmation et doit être partagée au plus grand nombre, sans se soucier de la possibilité ou non de généraliser ce cas individuel, c’est précisément la définition même du populisme. En d’autres termes, si vous souhaitez prédire le programme de campagne de Marine Le Pen, écoutez les libres-antennes. Pour s’exprimer sans contrainte d’objectivité, ni de vérification des propos, il y a par exemple le comptoir du bar, la machine à café, ou les blogs. Sur celui-ci, par exemple, nous ne sommes pas à une approximation près. Et on s’en fout, parce que les lecteurs savent très bien que ce qui est écrit ici n’est pas forcément exact, ni objectif. Le journaliste, lui, a un devoir de véracité et de justesse que la libre-antenne ne peut lui permettre de remplir. Et le quotidien de Véronique devient alors vérité pour les auditeurs, ce qui serait bien triste.

Voilà, mon quart d’heure « Stéphane Hessel » est passé. Ca va mieux. Je peux retourner écouter la radio l’esprit léger.

Coeur de Pirate: vive le Québec libre

In Près des enceintes, Vlameth Brevada on 14 janvier 2012 at 14:21

par Vlameth Brevada

Il y a des choses que l’on souhaite garder pour soi, et d’autres, même honteuses, qui méritent d’être révélées, rien que pour susciter l’étonnement autour de soi. Alors au risque de passer – à mon tour – pour une adolescente pré-pubère, je préfère vous l’avouer: ça fait 1 semaine que j’écoute en boucle l’album de Coeur de pirate. Si vous aimez les tatouages, les mélodies à la con et le Québec, vous devriez, comme moi succomber très vite.

C’est dans une démarche d’introspection que je parle ici de ce disque. Comment se fait-il que j’aime ça? Pourquoi est-ce que je fredonne  » Tu dis que I’m the only one, c’est ça, prends-moi pour une conne » dans le métro? C’est en en discutant avec Pietro Della Rocca que m’est venu le premier doute sur la virilité de mes goûts musicaux. Car, pour lui, Coeur de Pirate, avant d’être une chanteuse, reste avant tout la meuf qui a posé à poil à 18 ans, et dont les photos sont encore dispos assez facilement sur ce grand réservoir à nichons qu’est Internet. Cette opinion semble suivre une logique assez implacable, et pourtant, à force d’écouter ses chansons, sa voix nasillarde et sa nonchalance sexy, j’en arrive pour ma part à être gêné de la voir se désaper sur ses photos (parce que bon, bien sûr, je suis quand même allé mater). Voire vexé qu’elle s’expose sans m’en parler avant.

Ce nez, quel nez...

Alors hypothèse 1: je suis amoureux de Béatrice Martin (son vrai nom). Et effectivement, en 1998 déjà, j’avais ressenti à peu près la même chose: j’étais alors in love with Jennifer Lopez (précision: j’avais 14 ans), un amour rendu très angoissant par l’impossibilité de savoir s’il était réciproque. Aujourd’hui, à y repenser, j’ai quand même ma petite idée, mais à l’époque… Ma passion avait pris feu devant Hors d’atteinte, dans lequel elle affichait une émouvante fragilité et des cols roulés moulants non moins émouvants. Sauf que quelques mois plus tard, je découvris avec effroi que Mademoiselle se mettait à chanter et à bouger ses fesses devant tout le monde. Je me sentis soudain trahi, et seul, très seul. Alors aujourd’hui, je me dis que c’est peut-être ce que Coeur de pirate me fait ressentir en posant à oil-pé.

Ceci dit, cette option ne me satisfait que très partiellement, car le contrôle de mes sentiments a quand même un peu évolué depuis mes 14 ans. il est donc temps de mettre derrière moi les amours fantasmées avec des actrices, chanteuses et autres stars du X. Julia Channel, si tu m’entends, tout est donc fini.

Non, plus raisonnablement, je pense plutôt être assez fasciné par la sensibilité de Cœur de Pirate, qu’elle parvient à transmettre à travers des mélodies épurées mais travaillées, et une interprétation vocale minutieuse et touchante. Par ailleurs, je crois que ses photos reflètent assez bien la personnalité de Béatrice Martin: à 18 ans, elle avait besoin d’un peu de thune, et plutôt que d’aller bosser au Mcdo comme tout le monde, boum! elle sort le matos sur Internet. Même pas peur, la meuf. Ca va de pair avec ses tatouages si on y pense bien. Sachez qu’elle en a partout. La dernière fois que j’ai vu une meuf avec autant de tatouages, c’était dans un squat de toxicos. Dans Envoyé Spécial, j’entends. Bref, derrière son petit nez retroussé et sa voix toute douce, Béatrice serait en fait une sacrée punk. Et partant de là, c’est beaucoup plus facile d’écouter ses mélodies sans avoir l’impression que des couettes d’étudiante me poussent sur la tête. Je suis un bonhomme, et j’écoute du punk, point barre. Avec des violons et la voix de ma petite soeur, certes, mais du punk quand même. Et puis ce qui semble être un album plein de textes cul-cul la praline est en fait un règlement de comptes cynique et assez dur envers ses ex, chanté sur un ton je m-en-foutiste qui dégnangnantise l’ensemble. Une punk, je vous dis.

Partout, et en couleur, en plus.

Après, Cœur de Pirate a aussi un atout qui ne pouvait que me la rendre sympathique: un accent canadien tout en finesse que je trouve, depuis Anne-Krystel de Secret Story, assez attirant. Attention, cela ne m’empêche pas de continuer à m’autoriser les vannes sur les gros canadiens et leur accent tout pourri. Et puis bien sûr, cette voix, cette voix…

Tout ça pour dire que le nouvel album de Coeur de Pirate mérite vraiment le détour. C’est rare que le gnan-gnan soit touchant et intelligent. C’est pas forcément évident au début, mais elle exprime, je crois, une certaine liberté, dans le texte comme dans le ton. Reste plus qu’à lui trouver un pseudo valable, parce que « Coeur de Pirate », il faudra lui dire que ça sonne un peu comme un nom de fromage.

Palmarès 2011: le top Albums

In Au pied du sapin, Près des enceintes on 27 décembre 2011 at 18:15

Suite de notre remise des prix de fin d’année. Aujourd’hui, revue d’effectif des sons qui ont ambiancé l’Appart’ en 2011. Un classement garanti sans Bénabar. Mais avec Christophe Hondelatte.

Pietro Della Rocca

1. Metronomy – The English Riviera

Les Anglais réussissent l’exploit de rendre sexy la côte de la perfide Albion. Et nous font rêver de Brighton, Portsmouth, Southampton… Balèze.

2. Yelle – Safari Disco Club

Yelle a toujours la magic touch pour te faire bouger ton popotin en toutes circonstances. Le meilleur remède en cas de dépression nerveuse liée aux fêtes de fin d’année.

3. The Vaccines – What Did You Expect From The Vaccines ?

Qu’attendez-vous d’un album d’indie rock britannique ? Du sexy ? Du violent ? Du mystique ? Il y a tout ça chez les Vaccines, et bien plus encore.

Et le pire : Christophe Hondelatte – Ou Pas

Non content de nous contaminer les oreilles avec son album de merde (et son fameux single « Docteur House, c’est pas Mickey Mouse »), Hondelatte traîne son melon sur tous les plateaux télé de l’Hexagone pour clasher l’ensemble de la production musicale actuelle. Insupportable.

Roi des Ânes

1. Saïgon – The Greatest Story Never Told

Saïgon, c’est le Schubert du rap américain. Pour l’anecdote, ce Monsieur a grandi dans le même « project » brooklynois que Mike Tyson. Toujours rigoureusement en place sur les productions larges et généreuses de Just Blaze, vous montez immédiatement sur le tapis volant de son flow qui vous redépose cinq ou six tracks plus tard. Rien de révolutionnaire, peut être même un poil réac, mais si vous idolâtrez les early 90’s de la côte est, vous allez vibrer.

2. Das Racist – Relax

La nonchalance des beats, et les flow millimétrés  qui donnent l’impression d’être posés à la « je m’en bats les… » font le brio second degré de mecs très forts sans se la raconter. So hype.

3.  Noir Fluo – La ride

« Trop sophistiqué, c’est péché » nous disait le sage Kool Shen dans For my people. Plus le rap français est brutal et rough, plus il est exquis. Textes débilement puissants, refrains et couplets entêtants font de La ride la grosse mixtape de l’année. « Tous les matins… »

Et le pire :  Yelle – Safari Disco Club

Non, ce n’est pas parce qu’elle est moche qu’elle a du talent. Retourne vite faire des featuring avec Fatal Bazooka et des bonus tracks de la Schtroumph Party. C’est pas le Grand Journal ici, on a des oreilles et des couilles.

Slim Kid M

1. Jay Z & Kanye West – Watch The Throne

L’annonce de cet album en duo fin 2010 laissait espérer le meilleur comme le pire. Au final, des samples au artworking en passant par la quinzaine de producteurs différents, l’ensemble forme un tout très cohérent et contient de sérieuses tracks (Niggas in Paris, Gotta Have it, The Joy…). Surtout, voir Hova accepter de suivre Kanye West dans son foutraque musical est réjouissant ; et, une nouvelle fois, voir avec quelle facilité il s’en sort est admirable.

2. Mac Miller – Best Day Ever

Comme souvent pour une mixtape, l’ensemble n’est pas parfait… Mais l’énergie et le groove des productions, l’enthousiasme et le flow de Mac Miller emportent tout sur leur passage… 2011 était peut être l’année de Wiz Kalifa, mais le vrai kicker de Pittsburgh, c’est lui!!

3. Common – The Dreamer / The Believer

L’album vient tout juste de sortir, et je n’ai pu écouter que les singles sortis au fur et à mesure… Mais c’est suffisant pour placer le meilleur MC de Chi-City dans ce top!!

Et le pire : La Fouine – Capitale du Crime 3

 23 titres, quelques punchlines, des mauvais rappeurs, et beaucoup beaucoup beaucoup d’insultes mal placées… Un manifeste antirap à ne pas mettre entre toutes les mains!

Vlameth Brevada

1. Stupeflip – Hypnoflip Invasion

C’est du hip-hop, mais c’est pas vraiment du hip-hop. C’est sérieux, mais c’est pas vraiment sérieux. C’est engagé, mais c’est pas vraiment engagé. Par contre, c’est génial, et vraiment génial. Stupeflip, c’est une espèce de bombe à retardement insaisissable et immanquablement addictive. Ouais, tu te dis que je raconte n’importe quoi, parce que « J’fume pu de shit », c’était pas non pluuus…. Mais écoute tout le reste, et tu deviendras toi aussi un disciple de la stup religion. Résolution pour 2012: envoyons King Ju et son bonnet cradingue à l’Elysée, putain!

2. Yelle – Safari Disco Club

Si on m’avait dit un jour qu’une meuf aux dents écartées déguisée en léopard me ferait autant d’effet… Si on m’avait dit que j’écouterais un jour, en boucle, un album qui dit « Je suis folle de toi, mon coeur ne bat plus quand je te vois »… Mais quelle pêche, quelle simplicité…

3. Kakkmaddafakka – Hest

Prenez 3 norvégiens, épluchez le bonnet en laine et l’anorak en poil de renne, et avec un peu de chance, en leur mettant une guitare entre les mains, il sortira Kakkmaddafakka, soit la meilleure machine à tubes de l’année. Bon, dans le genre boîte à tubes, il y a surtout Metronomy cette année, mais je préfère faire semblant d’être blasé, et parler de mes petits scandinvaves à la place…

Et le pire: Red hot Chili Peppers – I’m with you

Franchement, est-ce que ça valait vraiment le coup d’enregistrer votre dernière sortie entre ados de 45 ans sur la plage, avec vos guitares et vos djembés? Hein? Et elle est où, la Blood Sugar attitude?

Zaireau

Archimède – Trafalgar


Le successeur du premier album éponyme d’Archimède frappe fort. Des textes qui se réclament, entre autres, de Dutronc. Ça donne un ton « dégagé », comme dit le gratteux du groupe. Et non pas engagé. Prenez la chanson intitulée Le Bonheur. On oublie l’antisarkozisme primaire. Il s’agit seulement de rappeler que le président de la République est un goujat. Un mec qui vole pas très haut. D’autres problèmes sociétaux sont évoqués par le groupe de Laval. Le mélange est simple : distance et humour. La France et le monde vus de la Mayenne. Et la musique dans tout ça? Le jeu de scène du chanteur ne trompe pas. Ce groupe est la réincarnation d’Oasis. A ceci près que les frangins Boisnard se prennent un peu moins au sérieux que les Gallagher. Peut-être de mauvais augure pour la suite. En tout cas, Trafalgar se consomme pépère. Et ce, même en 2012.

Sebastian – Total

La french touch me fait chier quand ses ambassadeurs se cantonnent à ne faire que du bruit. Un constat que je dresse également pour la musique des sacro-saints Daft Punk et de leurs héritiers, Justice. Mais si ces mecs, évidemment talentueux, se transforment en chercheurs de nobles vibrations, voire de jolies mélodies, ils peuvent pondre des trucs géniaux. C’est le cas de Sebastian, un des derniers-nés de la galaxie Pedro Winter. Une bonne partie de son album, intitulé Total, me paraît trop bruyante. Néanmoins, il a écrit la bombe Embody. A partir de là, le gars peut mourir tranquille. Le clip accompagnant ce titre magnifique a, de surcroît, le mérite de faire rêver. Ça doit être à cause du danseur, Bébé Pharell Williams.

Amy Winehouse – I told you I was trouble / Live in London, réédition 2011

Juste une dernière écoute, un dernier regard sur une bête de scène. Oui, elle a emmerdé pas mal de monde avec ses annulations de concerts au dernier moment, ses arrivées complètement bourrée devant le pied de micro. Mais pas moi. Après tout, je n’ai pas foutu un centime pour me payer l’un de ses concerts. Le risque de la déception, je ne l’aurais jamais pris pour Amy. En tout cas, quand on écoute cette réédition d’album live d’Amy Winehouse (voir le DVD fait jouir), on comprend ce qu’est le talent. Lors de ce concert enregistré à Londres en 2007, tout y est. La formation atteint le top-level. Amy a bu un peu mais pas trop. Elle cherche son père dans la salle. Le reste, elle s’en branle totalement. Mais quand t’es au dessus de la mêlée, t’as le droit de t’en foutre. Et d’enchaîner Love is a losing game sans te soucier des badauds qui sont venus t’acclamer.