Un blog en 6 pièces

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Metallica… et justice pour tous

In Près des enceintes, Vlameth Brevada on 17 mai 2012 at 22:42

par Vlameth Brevada

Christiane Taubira? Pffff…. Je vais vous dire qui on aurait du balancer à la Justice: Metallica. Ils nous ont prouvé ce samedi au Stade de France qu’ils avaient la carrure d’un garde des Sceaux. Et puis de toute façon, il semble qu’on puisse nommer à peu près n’importe qui à ce poste, puisque même Rachida Dati l’a occupé, alors…

1. Metallica milite pour l’égalité des chances

Grands seigneurs, les métalleux avaient invité The Kills en première partie. A priori, rien à voir entre les 2 groupes… D’ailleurs, autour du Stade avant le concert, on pouvait entendre un peu partout des « Mais c’est quoi The Kills? » et autres « Vas-y mais d’où ils nous mettent cette grosse daube en 1ère partie? ». Et bien la réponse est simple: Metallica a le sens du partage, et ose donner sa chance au duo trendy malgré les conditions improbables. Bon, au final, on a eu droit à une fosse de 20 000 doigts d’honneur pendant tout le set, mais l’intention était là. Merci Metallica.

(Allez quand même jeter un coup d’oeil aux commentaires des videos de The Kills, vous verrez que les gros métalleux sont pleins d’humour. Sacrés eux, va!)

2. Metallica respecte ses engagements

Le pitch de la tournée 2012 est simple: « Les mecs, pour les 20 ans de sa sortie, on va vous jouer le Black Album en in-té-gra-li-té. » Pour les incultes, le Black Album est le disque le plus connu de Metallica, et celui qui les a fait accéder au grand public. En gros, le Black album est à Metallica ce que Somewhere over the rainbow est à Israel Kamakawiwo’ole (tu sais bien, le gros hawaïïen au ukulele): le tube qui révèle un artiste aux yeux du monde entier après 10 ans de carrière underground (enfin presque underground, quoi…)

Franchement, je me disais qu’ils allaient chantonner vite fait un refrain par-ci, un couplet par-là, et vlan, en 20 minutes, on t’expédie l’album et on passe à Master of Puppets et compagnie. Et bah rien du tout: ils ont tout joué. Tout. Dans le sens inverse de l’album, certes, mais tout quand même. Metallica, la confiance avant tout.

3. Des lois claires et sans détours

La mission du Ministère de la Justice: « la définition et la mise en œuvre des grandes orientations de la politique en matière de justice ». Or, on se plaint tout le temps de la lourdeur des textes de loi, et on a bien raison, parce qu’en général, ils sont complètement imbitables. Bon, et bah au moins, avec Metallica, pas de détours de 20 km pour exprimer une idée, leurs propositions sont limpides: « Seek and Destroy« , « Fight fire with fire« , « Jump in the fire« , « Shoot me again« . Avec des punchlines pareilles, les secrétaires d’Etat devraient arrêter de s’astiquer derrière leurs bureaux Louix XV et se remuer un peu. Metallica, l’action avant tout.

4. Metallica prend en charge les jeunes délinquants

On ne va pas se mentir: le fan de Metallica a tout du jeune-délinquant-pas-gentil: crâne rasé, haleine de bière, veste en cuir trop grande, etc… Et que fait un crâne rasé pour se distraire d’habitude? Il casse des motos ou il écrase des bouteilles de Bud sur la tête de son voisin. Pas cool, quoi. Et bien avec Metallica, la solution est toute trouvée: une fois réunis au Stade de France, qu’est-ce qu’on va bien pouvoir leur donner à ces grands gaillards pour les amuser un peu? Et bah des ballons! Plein de gros ballons jetés dans la foule (à 2’00 »), et les bad boys sont comme des gamins. La prise en charge des jeunes délinquants, c’est aussi le job de la Justice. Metallica, youth is beautiful.

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Candidat, affiche-toi!

In Le salon, Vlameth Brevada on 17 avril 2012 at 00:57

par Vlameth Brevada

Tu as acheté l’Equipe au lieu de lire les programmes des candidats, et t’avais un cours de flûte traversière le soir de « Des paroles et des actes »? Et bah, c’est pas bien! Heureusement, on te propose une séance de rattrapage: la vérité de la campagne se trouve dans la rue, sur les affiches des candidats. Il n’y a qu’à suivre notre guide:

Si t’es branché porno gay, vote Front de Gauche:

Si tu n’as pas trop envie d’aller te les geler le dimanche après-midi à un meeting, vote Jacques Cheminade:

Si tu rêves par dessus tout d’une vie bien chiante à la montagne OU si tu caresses secrètement le rêve de passer tous tes dimanches matins au marché de ton village, sur un banc, à la cool OU si tu as l’habitude de fermer ta chemise bleu ciel jusqu’en haut OU si tu sors avec une pouf en jean taille haute, alors oui, tu voteras Marine Le Pen. Désolé.

Si toi, ton truc, c’est de réhabiliter le brushing 90’s, et si tu demandes avant tout le retour des pubs Juvamine à la télé, alors pas de doute: vote Nicolas Dupont-Aignan.

 

 

En tout cas, de notre côté, si on devait se fier aux affiches qu’on voit un peu partout sur nos murs, notre choix serait clair:

VOTEZ AYEM!! 

 

Le Grand Webze: la télé commande.

In Le home cinema, Vlameth Brevada on 27 mars 2012 at 23:55

par Vlameth Brevada

Le web à la télé a-t-il un sens? La première version du Grand Webze du génial François Rollin semblait avoir prouvé que oui. 4 épisodes et un arrêt définitif plus tard, on se demande pourtant comment la meilleure émission de l’année s’est transformée en un show télé classique en à peine 4 mois et autant de versions différentes. Une énigme dont seul le PAF a le secret.  Eléments d’explication en une subtile comparaison du premier et du dernier épisode.

Emission 1: l’extra-terrestre

A la vue de cette première version, je soupçonne la plupart d’entre vous d’avoir commencé à raler dès les premières minutes: « Rhaaaaaaah, mais qu’est-ce que c’est que cette histoire??? Il est où le plateau?? Elle est où la pute aux gros seins du premier rang?? Il est où Stéphane Rotenberg?? Rendez-moi ma télé, merde!! »

Or ici, vous êtes dans l’antre de VinVin et François Rollin: il règne un air d’authenticité dans cette émission. Comme si les blancs qui ponctuent les conversations quotidiennes se retrouvaient à l’écran, comme si les vannes ratées existaient vraiment. Comme dans un spectacle de Rollin, où l’on n’entend pas de vannes à proprement parler, mais seulement des intentions, des démarches, des exclamations qui rendent sa prose jouissive et addictive. Dans cette émission, personne ne sait vraiment à quoi s’attendre. On n’est pas certains que les invités vont être intéressants, ou drôles. D’ailleurs, quand on les voit débarquer, on est même plutôt sûr du contraire. Mais c’est naturel de ne pas être naturellement passionnant, et c’est normal – et stimulant- d’aller chercher un intérêt chez qui n’en présente à priori aucun.

Le grand Webze présente les gens du web (car c’est ça le principe, quand même) comme des personnes normales et banales, sans l’embellissement télévisuel habituel. Et bah oui, la télé, c’est pas du cinéma, et ce n’est pas de l’art. C’est de la télé. Et pan.

Cette démarche s’applique parfaitement au web. Sous un blog, sous un concept numérique, sous un compte Facebook, il y a un coeur qui bat, messieurs, dames. Et souvent quelqu’un d’assez inintéressant, aussi. LGW nous propose de voir ces gens sous leur visage le plus simple, et nous démontre que le web est avant tout le fruit de l’esprit humain. Ensuite, le côté « fait maison » est une sorte d’allégorie du mode de pensée DIY , fruit de l’émergence de développeurs surdoués, capables de créer des sites très complexes avec leurs petits doigts. Et bah ouais, le web est avant tout un espace artisanal, comme cette émission.

Ceci dit, il n’est quasiment pas question d’internet dans l’émission: ce n’est qu’un prétexte pour aller d’invité en invité, tous liés de prsè ou de loin à Internet, mais n’en parlant pas vraiment. Prétexte aussi pour renouveller la forme des émissions télé, et donc y mettre un peu d’artisanat et d’authenticité. On n’assiste donc pas à l’habituel et attendu de catalogue de bloggueurs, donc, ni d’énumération de buzz de la semaine. Tant mieux.

Enfin bon, en fait, l’émission est géniale, c’est tout.

Bon, seul truc un peu agaçant: la meuf chiante qui lit les tweets des internautes, et qui se croit au top parce qu’elle est sur Twitter. Elle vérifie parfaitement le théorème énoncé quelques lignes plus haut: tu peux être überhype sur Twitter, et complètement relou dans la vie.

Emission 4: la télé revient à la raison

Alors, je sais, la qualité est pourrie et en plus, c’est le moment de l’interview, donc pas vraiment de quoi juger l’émission. Mais c’est tout ce que j’ai trouvé. En gros, si tu n’as pas vu cette émission #4, tu peux t’abstenir de lire la suite. Désolé.

Pour commencer, plus de couloirs interminables, plus d’écho, plus de micros mal réglés, mais une désagréable envie de vomir à la vue du plateau, à mi-chemin entre ceux de + Clair et de Ce soir (ou jamais) »: des espèces de cubes lumineux déjà vus sur à peu près 12 000 plateaux télés ces dernières années. Ouf, pas de Anne-Sophie Lapix en vue, c’est toujours ça de pris. Mais ça sent quand même pas la déferlante de fraîcheur, tout ça.

Et pourtant, les premières minutes redonnent espoir en un retour de l’émission extra-terrestre et improvisée que l’on attendait: « Nous n’allons pas rappeler à nos amis téléspectateurs le principe de l’émission, puisque nous-mêmes ne le connaissons pas. » Il est vraiment fort ce François Rollin. Mais quelques minutes plus tard, après avoir montré un extrait d’une animation trouvée sur jesuisbiencontent.fr -très drôle au demeurant- erreur fatale: le duo donne la notice de son émission: « une visite au pays du web ». Ce qu’on craignait est donc arrivé: on a droit à un catalogue de bloggueurs, de social networkers, de vidéos trouvées sur le web, comme une sorte de grand zapping 2.0. On dirait la rubrique de Michalak dans « C à vous », mais qui durerait 2 heures. Une certaine idée de l’enfer, quoi. Le grand webze, ce serait donc une émission qui parle du web, et pendant laquelle on peut réagir en direct sur Twitter (grâce à la même meuf, toujours aussi chiante). Avec en prime un mode d’emploi des hashtags qui dure 10 minutes. Cette fois, on jurerait entendre la voix-off de Top Chef, celle qui t’explique pendant un quart d’heure ce que tout le monde a compris depuis longtemps:

Lignac: « – Alors là, il va falloir réaliser un dessert, mais sans utiliser de sucre. »
Rotenberg: – « – Voilà, donc vous l’avez compris, vous devez réaliser un dessert, mais sans-u-ti-li-ser de sucre. »
Un candidat: « – C’est vrai que quand ils nous ont annoncé qu’on devait réaliser un dessert sans utiliser de sucre, bon bah… »
Et cette putain de voix-off: « – Les candidats ont donc 1 heure pour réaliser un dessert. Mais attention, ils ne doivent pas utiliser de sucre. »

Si le Grand Webze pouvait nous éviter cet abrutissement devenu étrangement ordinaire… Et puis le coup des hashtags, je peux le faire aussi devant Touche pas à mon poste (le fameux #TPMP) ou même devant n’importe quel film (« Ce soir, je retombe en adolescence. #Retourverslefutur #NRJ12 »).

Déception, donc. Le Grand Webze a subi le lifting « télévision à l’ancienne » habituel: on fout des animateurs sympas, des séquences « humour », 2 mecs en promo, et ça devrait marcher. Comme d’hab’ quoi. On se laisse porter par cette émission comme les autres (et quand même un peu mieux que les autres d’ailleurs). Car comme toutes les autres, cette émission ne tient le rythme que grâce à la classe de ses animateurs, François Rollin en tête, et au choix judicieux de ses invités en promo, les mecs du Palmashow. Et c’est vrai qu’on suit plutôt bien l’émission, avec -je me répète- le plaisir permanent d’entendre François Rollin parler de tout, de n’importe quoi, de rien, peu importe finalement. Mais en termes de concept d’émission original, et pour ceux qui voulaient de la nouveauté, #cestraté.

Au final, au lieu de se réinventer en fonction des autres medias, comme ce que proposait la 1ère version de l’émission, la télé absorbe le web et le recrache tel quel, sans traitement, sans idées.

#dommage.

En espérant revoir cette équipe très bientôt. Et bravo à eux d’avoir osé.

Les anti-nucléaire braquent France Inter.

In Près des enceintes, Vlameth Brevada on 13 mars 2012 at 21:23

par Vlameth Brevada

Rien d’exceptionnel dans ce post, juste un extrait audio sympatoche. Il nous arrive en effet de n’avoir rien de particulier à dire, mais de seulement vouloir partager un truc qu’on a vu ou entendu quelque part. Alors voilà, cadeau.

Un petit passage sonore rigolo, entre un animateur radio qui ne tolère pas qu’on dérange le conducteur de son émission (et il a peut-être raison), et des militants qui estiment que le seul moyen d’être entendus est de contourner les voies habituelles de communication (et ils ont peut-être raison).

J’ai quand même tendance à croire que ce type de prise de parole tend surtout à conforter les militants dans leur posture de révoltés et d’exclus des médias, et leur permet de se mettre en scène tout seuls dans la position du martyre.  Une telle action est tout à fait justifiée pour menre un combat dont personne ne parle. Mais là, le message qu’ils portent (la lutte contre l’énergie nucléaire) semble quand même avoir une visibilité acceptable dans les médias. Posture étonnante venant d’eux, donc.

Mais le plus marrant dans l’histoire reste le numéro de maître d’école de Stéphane Paoli. On jurerait entendre un extrait de film de Gérard Jugnot.

Déménagement: mode d’emploi

In La chambre d'amis, Vlameth Brevada on 5 mars 2012 at 23:14

par Vlameth Brevada

Les locataires en savent quelquechose, un déménagement avec des potes, c’est un peu comme une soirée: ça peut être un moment plutôt sympa, mais si on ne fait pas attention à quelques détails, ça peut rapidement devenir une grosse galère. Voici donc un mode d’emploi qui devrait t’éviter de perdre des amis pour quelques cartons.

L’invitation

Option 1:  » Est-ce que tu penses pouvoir venir nous filer un petit coup de main ce week-end? Je vais essayer de motiver un maximum de personnes pour que ça aille vite. »

L’essentiel: ne pas prendre la participation de tes amis pour un devoir d’amitié. Car, aussi lunaire que cela puisse te paraître, ils peuvent avoir prévu d’autres plans pour leur samedi après-midi que de se coltiner des cartons sur 4 étages. A éviter aussi: les formules du genre « t’es vraiment génial si tu viens », sous-entendant « t’es vraiment une merde si tu ne viens pas ».

–> VerdictDéménagement réussi!

Option 2:  » C’est samedi, à 9h, je sais pas combien on sera, ça risque d’être le bordel. Fais pas ta feignasse comme d’habitude. Il faut que tu sois là pour monter le lave-vaisselle, la machine à laver, le frigo et le lit. Et ramène des bières. »

Puisque tu as l’air sincère en disant ne pas savoir combien de personnes répondront à cette charmante invitation, on peut peut-être t’aider: ce chiffre risque d’être proche de zéro.

–> Verdict: Déménagement raté. Personne n’est venu t’aider, tu n’as rien pu faire. Voilà ce à quoi ta chambre ressemblera pendant les 2 prochaines années:

 

Le choix des invités

Option 1 Ne choisis pas forcément les gens dont tu es le plus proche, ni tes meilleurs amis. Car oui, malgré toute l’amitié que tu leur portes, tu sais pertinemment que ce sont de gros chieurs. Opte plutôt pour tes collègues les plus sympas, ou pour tes potes de l’urban foot, ou même ce mec de la compta, un peu con mais très serviable, que tu as croisé l’autre jour à la machine à café. Vu sa tronche, ça n’avait pas l’air d’être le genre à avoir des plans de ouf pour le week-end. Donc en plus de récupérer 2 bras de plus, tu feras une bonne action en lui faisant croire que tu es son ami.

–> Verdict: Déménagement réussi

Option 2Tu comptais sur ton pote relou qui arrivera -comme toujours- avec 2 heures de retard, ou sur celui qui a le don d’inventer de nouvelles maladies les jours où il peut se rendre utile? Mauvaise idée,te voilà tout seul devant ton frigo avec ta petite soeur de 11 ans. Le pire, c’est que tu ne pourras même pas te venger, car eux ont eu la bonne idée d’emménager le mois dernier, avec ton aide, bien sûr. En fait, ce qui manque aux déménagements, c’est un livret de remerciements, comme pour un disque. Comme ça, le mec qui arrive à la bourre ou qui t’annonce au dernier moment qu’il ne vient pas au dernier moment, tu le mettrais pas dans le booklet, et ça, ça lui ferait bien bien mal. Mouhahahahaha…

–> Verdict: Déménagement complètement raté. Remarque, si tes potes ne viennent pas, ça t’évitera d’avoir à leur gueuler dessus:

Le buffet

Option 1: Déménager, c’est beaucoup de responsabilités, énormément de choses essentielles auxquelles tu devras penser: prendre les mesures des meubles pour ne pas te retrouver comme un con avec une armoire à 200e qui ne rentre pas dans l’ascenceur, trouver une place livraison pour les bagnoles, rendre la camionnette à l’heure, etc… Alors autant ne pas se prendre la tête à vouloir nourrir la terre entière. L’astuce: tu demandes aux gens de venir à 15h (comme ça, pas de confusion, ils ne s’attendront pas à ce que tu leur serves à bouffer en plein milieu de l’après-midi), et tu annonces dès le départ qu’ils seront libres comme l’air à 19h, en précisant que toi, tu devras en revanche vite partir rendre la camionnette de location. Comme ça, personne n’espérera un éventuel dîner à tes frais dans le restau en bas de chez toi. Laisse quand même traîner un ou deux paquets de chips et des bières, ça fait toujours bon effet.

–> Verdict: Déménagement réussi

Option 2: « Venez dès que vous pouvez, les mecs, il sera jamais trop tôt pour commencer. » Et bah si, justement, il sera trop tôt. Tes abrutis de potes vont se pointer à 12h30, la serviette autour du coup, et toi, comme un naze, tu vas te sentir mal à l’aise et tu te sentiras obligé d’aller leur acheter un kebab. Bien entendu, ils n’hésiteront pas à faire chauffer leurs phones à coups de textos assassins pour ton portefeuille: « Viens dé ke tu pe, ya à bouffer, il régale tou le monde. » Le déménagement n’a pas encore commencé que t’en as déjà ras-le-bol. L’après-midi va être très longue. Voire interminable quand ton collègue un peu à l’ouest arrivera de sa banlieue à 19h, l’air de rien, pensant pouvoir rendre service pour la fin des opérations. Sauf que tout le monde sera parti. « Bon, bah c’est pas grave, on n’a qu’à en profiter pour aller manger un truc? »

–> Verdict: Déménagement raté. Ceci dit, buffet ou pas, rassure-toi, ton déménagement ne sera jamais aussi raté que le film du même nom:

L’after

Option 1: Qui dit déménagement réussi dit pas d’after: tous les cartons sont bien arrivés, merci à tous, tout le monde rentre chez soi, heureux de s’être rendus utiles pendant quelques heures, et chacun reprend ainsi le contrôle de son existence médiocre.

–> Verdict: Déménagement réussi

Option 2: « Dis donc, demain on aurait besoin de quelqu’un pour nous aider à faire le ménage… et puis jeudi prochain, est-ce que tu pourrais venir avec nous à Plaisir pour nous aider à ramener le canapé… bon, et de toute façon on se voit le week-end prochain, il me reste quelques trucs à prendre chez mes parents, j’aurais besoin de bras musclés… »
Résultat: ton téléphone ne sonnera plus pendant quelques semaines, tu as perdu tous tes amis.

–> Verdict: Déménagement raté. Tu es seul au monde. Tu es un loser.

Allez, pour finir, une petite note positive: d’après la chanson d’Oldelaf, le déménagement d’un pote fait partie des pires épreuves de la vie. Alors autant dire que si tu t’en sors correctement, tu peux te considérer comme un super-héros.

Tous les chemins mènent à l’Appartement Collectif

In Le salon, Vlameth Brevada on 17 février 2012 at 16:37

par Vlameth Brevada

Naïvement, nous pensions que les gens venaient dans l’Appart’ pour y chercher des réflexions intelligentes sur le monde qui nous entoure. Il s’avère que c’est faux. C’est en tout cas ce que nous révèlent les recherches Google qui ont mené les heureux internautes jusqu’à nous. Résultats authentiques, je précise. Et retour des vrais articles très vite…

Comment se retrouve-t-on dans l’Appart’ sans le vouloir? Facile, on peut par exemple être en recherche de conseils pratiques (« vidéo se branler avec aspirateur »), ou vouloir partager son quotidien avec les autres internautes (« mon voisin se masturbe devant la fenêtre »). En arrivant chez nous, pas sûr que tout le monde ait finalement trouvé ce qu’il cherchait (« beaux mecs CRS en slip », « appartement viol »). Quoi que.

Enfin, saluons les géniales associations d’idées de certains d’entre nos lecteurs : « sophia aram cravache », « belle fille morte une truite », « poissonnerie morano ».

Et puis vous remarquerez qu’une requête « homme beau, pas chiant, cultivé et riche humour » a mené quelqu’un tout droit chez nous. Ce qui prouve bien que Google ne dit pas que des conneries.

Voici donc le meilleur des requêtes menant à l’Appart. Si jamais tu te reconnais dans l’une d’entre elles, pas d’inquiétudes, tu resteras anonyme. Mais si c’est toi qui as tapé « histoires branlettes entre vieux », sache quand même que tu as un sérieux problème.

Le menu best of Google (source: WordPress):

Porno collectif

un colombien à top chef

nikita est naze

julia channel nue

top chef et gueule de con

cœur de pirate nez retroussé

voir chatte ségolène et rachida dati

top chef norbert nul

jérémie elkaïm douche

cœur de pirate à poil

chien dreadlocks

pute de luxe

image de quelqu’un qui sait pas faire du rugby

interdiction de jeter du pain dans la cantine

les français mangent du bon pain blanc et les allemands du kaka

il décrasse les crampons de son maître video gay

les poils de ghislaine

viol appartement porno

coupe de cheveux nul

philippe doucet pénible

homme beau, pas chiant, cultivé et riche humour

vacances ladyboy

pur satin pyjama

belle fille morte une truite

femme paul scholes

arrogance bourgeoise

comment écrire à cyril linette directeur service des sports canal +

appartement korben dallas

maiwenn hot

le cul de cœur de pirate

nadine morano jeune

muriel robin prognathe

poissonnerie morano

que devient dupont de ligonnes

marion cotillard tu t’es vu quand t’as bu

sophia aram cravache

j’ai les mêmes tatouages que cœur de pirate

salon de tatouage québec ce que vous devez savoir

rut d’ânes

la maison d’alain delon a été faite je croyais que c’était une maison ancienne

porno en plein air au banco

l’appartement porno

le string de maiwenn

scarface n’est pas une référence en matière de politesse

hanouna lapix le pen

mon voisin se masturbe à la fenêtre

le beau cul de veronique

jacques sparrow

histoires branlettes entre vieux

vidéo se branler avec un aspirateur

les paresseuses bon pour ne pas faire l’amour

beaux mecs crs en slip

homme beau, pas chiant, cultivé et riche humour

Le 6-coups de la semaine n°11 / Spécial Francis Huster

In Le home cinema, Vlameth Brevada on 9 février 2012 at 00:47

par Vlameth Brevada

Cette semaine, le 6-coups rend hommage. Hommage à l’homme qui justifie à lui tout seul cette rubrique: Francis Huster. Un homme qui ne doute jamais, qui n’a peur ni de la mort, ni du regard des autres. Un homme qui se trouve toujours du bon côté. Si Francis Huster était américain, il ferait du kung-fu et s’appelerait Chuck Norris. Ca valait bien un 6-coups.

1. Francis Huster dans Bronx

Si on vous dit Bronx, vous pensez Robert de Niro, trafics de drogue, et -si vous êtes un peu connaisseurs- vous pensez immanquablement aux Tortues Ninja. Et bien le metteur en scène Steve Suissa a, lui, pensé à Francis Huster. Amusant. Vas-y Francis, fais-nous ton regard dark, t’es trop ghetto!

2. Francis Huster parle de théâtre

Vous croyez que le théâtre est joie, que le spectacle vivant est liberté des corps et des esprits? Vous vous trompez: quand Francis nous parle du bonheur qu’il a connu lors du festival de Carcassonne, on jurerait qu’il est en train de nous annoncer que sa fille de 4 ans vient de mourir de la mucovicidose. L’air grave en toutes circonstances, c’est la marque des plus grands. Hein, Alain Delon?

3. Francis Huster parle de football

Vous croyez que le football, c’est le plaisir d’être ensemble, c’est le dépassement de soi, c’est une allégorie de la vie?  Vous vous trompez encore: en annonçant ses pronostics pour la saison de Ligue 1, Francis semble plutôt prédire une invasion nazie imminente. Remplacez « PSG » par « Hitler » dans ses phrases, vous verrez.

4. Francis Huster simule un fou rire

Ce jour-là, le journaliste d’Europe 1 avait du lire des commentaires désagréables à son égard sur un forum d’auditeurs. Alors quoi de mieux pour se venger que d’infliger à ses auditeurs une leçon de théâtre par Francis Huster? Attention, regarder cette vidéo risque de vous procurer le même effet de gène qu’un cours d’expression scénique de Raphaëlle Ricci.

5. Francis Huster dans Le Maître du Zodiaque

Performance: Francis repousse encore les limites de la comédie, et parvient à atteindre le niveau de nullité de Claire Keim. Même dans cette série toute pourrie, il ne peut s’empêcher d’incarner le héros-justicier que le monde attendait, et de distiller ses leçons de vie à droite à gauche. Pour comprendre ce à quoi ça ressemble, imaginez BHL dans Les Petits Mouchoirs. Voilà.

6. Francis Huster supporte l’Equipe de France

 

Francis est supporter de l’Equipe de France, sa femme, Cristiana Réali est supportrice du Brésil. Et ils sont suffisamment cons pour aller s’afficher au Stade ensemble pendant la finale 98. « Regardez, nous sommes le couple envoyé sur Terre pour instaurer l’harmonie entre les peuples. » Putain, mais si ta meuf encourage le Brésil, tu l’enfermes dans sa chambre ou tu l’envoies chez ses parents, et tu vas mater le match avec tes potes! Comment veux-tu caler des vannes sur les putes et les favellas, sinon?

Le 6-coups précédent, c’est par là

A votre écoute, coûte que coûte

In Près des enceintes, Vlameth Brevada on 1 février 2012 at 23:55

par Vlameth Brevada

France Inter a lancé une nouvelle émission, « A votre écoute, coûte que coûte », qui est peut-être ce qui se fait de plus drôle et de plus surprenant actuellement à la radio. Et qui, en prime, envoie une pichenette au pire fléau radiophonique qui soit: la libre-antenne.

Un matin de ce mois janvier, 12h20, France Inter, Isabelle Giordano annonce la première diffusion de « votre nouvelle émission de conseils santé-pratique », prévue désormais tous les jours à cette heure. On va donc se faire chier le midi. Bon, allez, je vais quand même écouter la première émission, au pire, si c’est naze, ça me donnera un nouveau truc à critiquer, c’est ce que je fais de mieux. Alors allons-y. Violons en intro et générique de présentation digne de Radio Courtoisie: « Anima sana in corpore sano, un esprit sain dans un corps sain ». Oh putain, bonjour la psychologie à 2 balles, on dirait les bouquins de méditation de ma tante, avec le signe du yin et du yang sur la couverture.  » Philippe et Margareth de Beaulieu, à votre écoute. » On va donc écouter des auditeurs raconter leur life, sans se rendre compte que tout le monde se branle royalement de leurs petits problèmes. Bon, je fais un effort, je continue. « Bla bla bla à votre écoute, bla bla bla psychologie, bla bla bla on a Olivier en ligne, bonjour. » Je m’apprête finalement à zapper, quant tout à coup, un miracle semble se produire.
« – Vous nous appelez de Dijon, alors quel est votre problème? Vous êtes en colère? La moutarde vous monte au nez, ha ha ha?
– Heu, non, je souffre d’obésité. »
Et bam, gros blanc. Ambiance humour noir dans une émission « santé »? Qu’est-ce que c’est que cette histoire? Continuons.
« – Alors d’abord quel est votre poids?
– 150.
– Et vous mesurez?
– 150.
– Non, votre taille…
– Oui, 150. »
Re-blanc.
« – Ah oui… là, effectivement, c’est ce qu’on appelle un problème d’obésité. Obésité morbide, même. Houlà. »
Je reste scotché à ma radio. Le médecin reprend:
« -Que mangez-vous, Olivier?
– Bah, le matin des biscottes et du beurre allégé, le midi une salade et un yaourt, et le soir, très léger.
– D’accord… Olivier, pourquoi nous mentez-vous? Il doit bien y avoir un moment où vous vous gavez quand même, non? »

Et ça continue sur ce ton pendant 10 minutes. Je ne vous en dirai pas plus, parce que la surprise fait partie de l’émission. En tout cas, ça faisait longtemps que je n’avais pas écouté un truc aussi drôle. C’est même très rare d’être surpris à ce point à la radio, d’où l’envie de vous faire partager cela. Si vous ne savez pas quoi faire à 12h20 demain, n’hésitez plus. Et tant pis si vos collègues vous attendent 5 minutes devant la porte pour aller bouffer.

L’arrivée de cette chronique est aussi l’occasion de souligner que la libre antenne est la pire des choses que l’on puisse écouter à la radio. Et en cela, France inter marque un point de plus. Là, je marque une pause: car attention, vous êtes sur le point de lire deux paragraphes d’indignation contre les libres-antennes, indignation que je reconnais être complètement inutile et sans aucun intérêt. Mais comme j’aime beaucoup écouter la radio, je m’irrite très vite dès qu’il en est question. Je vous aurais prévenus. C’est parti, donc.

« Je m’indigne », paragraphe 1: La libre-antenne n’est rien de moins qu’un signe de démission du journaliste. Et vlan. Quand on ne sait pas comment traiter un sujet, ou comment en parler, rien de plus simple que de donner la parole à Véronique, 33 ans, mère au foyer, et de la laisser nous bassiner avec ses petits problèmes. « Oui, alors moi, je suis une victime directe de la baisse de la TVA dans la restauration, vous voyez, mon mari, il tient une buvette à côté du stade, et son sandwich aux rillettes est passé pus cher que le jambon-beurre du bistro d’en face. Tout ça à cause de la baisse de la TVA. De toute façon, les politique, ils s’en foutent de nous, ils pensent qu’à leur pognon, y’a qu’à voir l’affaire DSK. » Voilà à peu près ce à quoi l’on a droit dès qu’on laisse les auditeurs s’exprimer. Parce qu’en général, ceux qui ressentent le besoin de parler à l’antenne à des millions d’auditeurs sont aussi ceux qui ont l’impression, dans leur quotidien, que personne ne les écoute autour d’eux. Or, si personne ne les écoute, c’est en général parce qu’ils sont très chiants, voilà.

« J m’indigne », paragraphe 2: Par ailleurs, donner la parole à un auditeur, c’est en quelque sorte transformer son opinion personnelle en information. Car elle est légitimée par le journaliste qui lui laisse l’antenne. Or, prétendre qu’une opinion individuelle -qu’elle soit juste ou non- constitue une infirmation et doit être partagée au plus grand nombre, sans se soucier de la possibilité ou non de généraliser ce cas individuel, c’est précisément la définition même du populisme. En d’autres termes, si vous souhaitez prédire le programme de campagne de Marine Le Pen, écoutez les libres-antennes. Pour s’exprimer sans contrainte d’objectivité, ni de vérification des propos, il y a par exemple le comptoir du bar, la machine à café, ou les blogs. Sur celui-ci, par exemple, nous ne sommes pas à une approximation près. Et on s’en fout, parce que les lecteurs savent très bien que ce qui est écrit ici n’est pas forcément exact, ni objectif. Le journaliste, lui, a un devoir de véracité et de justesse que la libre-antenne ne peut lui permettre de remplir. Et le quotidien de Véronique devient alors vérité pour les auditeurs, ce qui serait bien triste.

Voilà, mon quart d’heure « Stéphane Hessel » est passé. Ca va mieux. Je peux retourner écouter la radio l’esprit léger.

Lapix vs Le Pen: match nul?

In Le salon, Vlameth Brevada on 18 janvier 2012 at 01:32

par Vlameth Brevada

D’après l’ultra-célèbre citation de Gary Lineker, « le football est un sport qui se joue à 22, et à la fin, ce sont les allemands qui gagnent. » Et bien en 2012, on pourrait presque dire que les débats politiques à la télé se jouent à 2 et qu’à la fin, c’est toujours Marine le Pen qui gagne. Ce qui nous promet une belle année de merde.

Tout le monde ne parle que de ça sur Facebook et compagnie: Anne-Sophie Lapix a collé une branlée médiatique à Marine le Pen dimanche dernier sur Canal Plus. Peut-être même la première petite pichenette à laquelle la Jeanne d’Arc 2.0 n’a pas su répondre correctement. En cela, grand bravo à ASL, qui quitte d’ailleurs en un week-end le costume de la nobode du dimanche pour endosser celui de journaliste.

Malheureusement, quels qu’aient été ses efforts, il y a fort à parier que toute cette pseudo-agitation fasse finalement le jeu du FN. Ma première question est la suivante: qui regarde « Dimanche Plus » ? J’ai peut-être tort, mais ma géniale intuition me souffle que les militants FN ne sont pas forcément les téléspectateurs les plus assidus des émissions médias/people/politiques de Canal+. Je rappelle qu’à la même heure, il y a Chabada sur France 3. Ce qui me fait croire que l’émission a surtout permis à un public hostile au FN de se satisfaire, à juste titre d’ailleurs, de l’embarras de MLP, et non à des sympathisants de revoir leur jugement sur leur leader de guerre. Mais bon, il y a eu ensuite assez de diffusion de la vidéo sur Internet pour qu’un max de gens y ait accès, donc passons là-dessus.

Oui, c'est la même photo que partout ailleurs. Désolé.

En fait, le plus important dans cette affaire me semble être de souligner que si Lapix joue ici l’héroïne courageuse -à juste titre là aussi-, Marine Le pen, quant à elle, reprendra d’ici quelques jours son rôle préféré: celui du martyre, la pauvre citoyenne qui aimerait dire au monde entier qu’elle est leur meilleure copine, mais que les médias font systématiquement taire. Complètement démago bien sûr, mais efficace. Et pour en revenir aux sympathisants FN ou aux indécis qui pencheraient petit à petit vers le bleu marine, parce qu’ils se sentent oubliés par la classe politique, c’est exactement le type de message qui peut leur plaire: « Regardez-moi, j’essaie de parler, mais les « bobos de Canal Plus » – dans le vocabulaire cliché du FN- veulent à tout prix m’empêcher de m’exprimer et me rabaisser. » Je me mets à leur place: si un journaliste déglinguait Eric Cantona en live – qui n’est d’autre que la réincarnation de Jean Jaurès à mes yeux- ça ne me donnerait qu’une plus forte envie de voter pour lui. Il y a tellement de passion pour la personnalité des candidats que les voir en difficulté suscite autant la pitié de leurs sympathisants que la cruauté de leurs adversaires. Et les indécis, auraient plutôt tendance, eux aussi, à ressentir une certaine pitié, qui me semble être un sentiment humain plus immédiat que la cruauté. Non? Dans cette histoire, c’est finalement la personnalité de Le Pen qui est en jeu, et c’est son domaine favori. Dommage pour nous.

Par ailleurs, l’attaque qui a mis MLP en difficulté touche un domaine assez peu représentatif des idées dégueus du FN: certes la taxe sur l’importation de produits étrangers suit une logique protectionniste au travers de laquelle on peut déceler une franche xénophobie, mais ce n’est pas la critique la plus directe que l’on peut adresser à Le Pen. D’autant plus que Lapix a insisté sur les chiffres et l’incohérence des montants annoncés, ce qui est vrai, mais que l’on pourrait certainement reprocher, sur d’autres projets à Hollande, Bayrou, Sarkozy, Mélenchon, etc… Les effets d’annonce en période de campagne électorale ne sont pas le fait du FN, mais de bien de tous les partis. Sauf d’Eric Cantona, bien sûr. Cela rend cette déstabilisation moins puissante que ce qu’elle paraît être: Lapix a fustigé la classe politique dans son ensemble plus que le parti extrémiste et raciste dont elle avait le leader à sa table. Ainsi, ce qui ressort de cet échange, c’est que Marine le Pen a été bousculée, mais pas qu’elle a des projets antidémocratiques. Alors c’est déjà ça de pris, bien sûr. Mais la grande blonde devrait assez facilement contre-attaquer dans les jours qui viennent, forte de ses idées toujours d’actualité et absolument pas remises en cause lors de cet échange.

Pour conclure, Lapix a fait le job, elle a réussi là où des dizaines d’autres avaient échoué, il ne s’agit pas de remettre cela en cause. Anne-So, t’as assuré. Promis, on ne dira plus que tu es le sosie raté de Mélissa Theuriau. Mais le verdict fait quand même flipper: dans les débats, qu’on l’encense ou qu’on la secoue, Marine Le Pen gagne à tous les coups. Reste à espérer que cet adage, qui m’a donné l’occasion de placer une subtile rime riche, ne s’applique pas aux prochaines élections.

mes courent après un ballon pendant 90 minutes et, à la fin, les allemands gagnent toujours.

Coeur de Pirate: vive le Québec libre

In Près des enceintes, Vlameth Brevada on 14 janvier 2012 at 14:21

par Vlameth Brevada

Il y a des choses que l’on souhaite garder pour soi, et d’autres, même honteuses, qui méritent d’être révélées, rien que pour susciter l’étonnement autour de soi. Alors au risque de passer – à mon tour – pour une adolescente pré-pubère, je préfère vous l’avouer: ça fait 1 semaine que j’écoute en boucle l’album de Coeur de pirate. Si vous aimez les tatouages, les mélodies à la con et le Québec, vous devriez, comme moi succomber très vite.

C’est dans une démarche d’introspection que je parle ici de ce disque. Comment se fait-il que j’aime ça? Pourquoi est-ce que je fredonne  » Tu dis que I’m the only one, c’est ça, prends-moi pour une conne » dans le métro? C’est en en discutant avec Pietro Della Rocca que m’est venu le premier doute sur la virilité de mes goûts musicaux. Car, pour lui, Coeur de Pirate, avant d’être une chanteuse, reste avant tout la meuf qui a posé à poil à 18 ans, et dont les photos sont encore dispos assez facilement sur ce grand réservoir à nichons qu’est Internet. Cette opinion semble suivre une logique assez implacable, et pourtant, à force d’écouter ses chansons, sa voix nasillarde et sa nonchalance sexy, j’en arrive pour ma part à être gêné de la voir se désaper sur ses photos (parce que bon, bien sûr, je suis quand même allé mater). Voire vexé qu’elle s’expose sans m’en parler avant.

Ce nez, quel nez...

Alors hypothèse 1: je suis amoureux de Béatrice Martin (son vrai nom). Et effectivement, en 1998 déjà, j’avais ressenti à peu près la même chose: j’étais alors in love with Jennifer Lopez (précision: j’avais 14 ans), un amour rendu très angoissant par l’impossibilité de savoir s’il était réciproque. Aujourd’hui, à y repenser, j’ai quand même ma petite idée, mais à l’époque… Ma passion avait pris feu devant Hors d’atteinte, dans lequel elle affichait une émouvante fragilité et des cols roulés moulants non moins émouvants. Sauf que quelques mois plus tard, je découvris avec effroi que Mademoiselle se mettait à chanter et à bouger ses fesses devant tout le monde. Je me sentis soudain trahi, et seul, très seul. Alors aujourd’hui, je me dis que c’est peut-être ce que Coeur de pirate me fait ressentir en posant à oil-pé.

Ceci dit, cette option ne me satisfait que très partiellement, car le contrôle de mes sentiments a quand même un peu évolué depuis mes 14 ans. il est donc temps de mettre derrière moi les amours fantasmées avec des actrices, chanteuses et autres stars du X. Julia Channel, si tu m’entends, tout est donc fini.

Non, plus raisonnablement, je pense plutôt être assez fasciné par la sensibilité de Cœur de Pirate, qu’elle parvient à transmettre à travers des mélodies épurées mais travaillées, et une interprétation vocale minutieuse et touchante. Par ailleurs, je crois que ses photos reflètent assez bien la personnalité de Béatrice Martin: à 18 ans, elle avait besoin d’un peu de thune, et plutôt que d’aller bosser au Mcdo comme tout le monde, boum! elle sort le matos sur Internet. Même pas peur, la meuf. Ca va de pair avec ses tatouages si on y pense bien. Sachez qu’elle en a partout. La dernière fois que j’ai vu une meuf avec autant de tatouages, c’était dans un squat de toxicos. Dans Envoyé Spécial, j’entends. Bref, derrière son petit nez retroussé et sa voix toute douce, Béatrice serait en fait une sacrée punk. Et partant de là, c’est beaucoup plus facile d’écouter ses mélodies sans avoir l’impression que des couettes d’étudiante me poussent sur la tête. Je suis un bonhomme, et j’écoute du punk, point barre. Avec des violons et la voix de ma petite soeur, certes, mais du punk quand même. Et puis ce qui semble être un album plein de textes cul-cul la praline est en fait un règlement de comptes cynique et assez dur envers ses ex, chanté sur un ton je m-en-foutiste qui dégnangnantise l’ensemble. Une punk, je vous dis.

Partout, et en couleur, en plus.

Après, Cœur de Pirate a aussi un atout qui ne pouvait que me la rendre sympathique: un accent canadien tout en finesse que je trouve, depuis Anne-Krystel de Secret Story, assez attirant. Attention, cela ne m’empêche pas de continuer à m’autoriser les vannes sur les gros canadiens et leur accent tout pourri. Et puis bien sûr, cette voix, cette voix…

Tout ça pour dire que le nouvel album de Coeur de Pirate mérite vraiment le détour. C’est rare que le gnan-gnan soit touchant et intelligent. C’est pas forcément évident au début, mais elle exprime, je crois, une certaine liberté, dans le texte comme dans le ton. Reste plus qu’à lui trouver un pseudo valable, parce que « Coeur de Pirate », il faudra lui dire que ça sonne un peu comme un nom de fromage.