Un blog en 6 pièces

Posts Tagged ‘stéphane rotenberg’

Norbert : a startiflette is born

In La cuisine américaine, Pietro Della Rocca on 31 janvier 2012 at 17:37

par Pietro Della Rocca

Un an qu’on attendait ça. C’est parti pour la troisième saison de Top Chef avec au programme de la sueur, du sang et des larmes. Le premier épisode diffusé hier soir nous aura permis de découvrir les candidats, « quatorze artistes de la gastronomie », dixit le teaser. Une chose est sûre, on aura au moins découvert un vrai artiste, et pas seulement de la gastronomie.

Stéphane a fort envie de peloter Ghislaine Arabian

Après une introduction interminable, Stéphane Rotenberg, toujours en place (à croire que c’est le seul présentateur sur M6), envoie la première épreuve. Séparés en deux équipes, les rouges et les noirs (certainement un hommage à Jeanne Mas), les candidats vont s’affronter en un contre sur un plat qu’ils ont choisi à l’avance. A l’issu des duels, l’équipe ayant remporté le moins de points verra un de ses membres éliminé directement, avant que les survivants ne s’affrontent en épreuve de la dernière chance. Ca commence très fort. Certes, les ficelles sont toujours les mêmes : la prod veut nous faire croire que chaque candidat termine son plat à l’ultime seconde du chrono, le tout au son d’une musique de film d’action ultra-stressante durant toute l’émission. Rotenberg est insupportable, n’hésitant pas à aller casser les couilles aux candidats, pourtant ostensiblement en panique devant leurs fourneaux. Il lâchera quelques pépites du genre : « Y’a plein de trucs ! C’est dingue de faire tout ça ! ». Ou encore, à un Colombien ayant tout quitté pour venir vivre sa passion en France : « Ca vous manque pas votre famille ? ». Mireille Dumas, sors de ce corps.

Malgré ces aspects pénibles, la première épreuve s’avère plutôt astucieuse, puisqu’elle permet de faire rapidement connaissance avec la promo 2012. On y trouve par exemple Tabata, brésilienne, plutôt jolie, sympathique, et qui au vu de son prénom doit certainement avoir des parents cinéphiles. Ruben, 18 ans seulement et seul cuisinier amateur du concours, vient pour montrer qu’il peut rivaliser avec les pros. Jean, que l’on voit jouer au tennis dans son portrait, fleure bon le gosse de riche tête à claque. Noémie, lauréate du championnat de France des desserts, souhaite « donner du plaisir aux gens ». Noble ambition. Enfin Julien, véritable tête de con du concours, physique proche de Corky (un enfant pas comme les autres) et voix de fausset, a malgré toutes ses tares un égo surdimensionné. Ce genre de personnage m’étonnera toujours. Voici, en très rapide, les quelques figues de proue de Top Chef saison 3.

Une patte ce Norbert

Mais la véritable révélation, LA star de ce premier épisode, c’est sans conteste Norbert. Mis à la porte par sa mère alors qu’il est encore ado, Norbert s’est fait tout seul grâce à la cuisine. Grande gueule au cœur tendre, ce vauclusien de 30 ans a éclaboussé le premier épisode de sa classe. Sur la première épreuve, il choisi de travailler du porc élevé au gland, parce que c’est « un produit qui [lui] correspond ». Pour le porc ou pour le gland ? Durant cette première partie d’émission, Norbert va régaler la chique, dans un style tout en finesse et en distinction. Sa plus belle punchline sera son évocation de Ghislaine Arabian alors qu’il prépare son wasabi : « Je vais lui décoller les poils, ils vont rester sur le slip ». Grande classe. La production est consciente de tenir là une pépite, puisqu’elle laissera le soin à un Norbert très ému d’annoncer la victoire à son équipe.

Oui, Norbert a foiré son duel, mais son équipe a malgré tout surclassé ses adversaires. Bien embêtant, puisque le poète du 84 sera du coup totalement absent de la deuxième partie de l’émission consacrée aux épreuves de repêchage. On s’ennuie un peu à regarder les candidats revisiter le gigot flageolets pour l’équipe des Grosses Têtes (et subir les blagues qui vont avec) ou sublimer un plat (expression favorite de la voix off) à base de coquillages et crustacés. Au nom du sacro-saint suspense, on n’assiste toujours pas aux délibérations du jury, ce qui serait certainement la partie la plus intéressante de l’émission. Cyril Lignac est quant à lui toujours aussi inutile. Bref, rien de révolutionnaire dans cette saison 3. Reste simplement à espérer que Norbert aille le plus loin possible dans l’aventure, et nous fasse rêver encore longtemps de porcs, de glands et de wasabi.